Boucher2008

Référence

Boucher, Y. (2008) Dynamique de la forêt du Bas-Saint-Laurent depuis le début de l’exploitation forestière (1820-2000). Thèse de doctorat, Université du Québec à Rimouski. (URL )

Résumé

Depuis la fin du XXe siècle, l'aménagement forestier tend à passer d'une gestion strictement orientée vers la récolte de matière ligneuse vers une gestion des écosystèmes visant aussi le maintien de l' intégrité écologique. C'est ainsi qu'est apparu le concept de l'aménagement forestier écosystémique (AFÉ). L'AFÉ tente de reproduire, par des stratégies d'aménagement et des traitements sylvicoles, la mosaïque d'écosystèmes retrouvés sous un régime de perturbations naturelles. D ' après le concept du filtre brut, on assume que le maintien de cette panoplie de conditions, sous un régime d'aménagement forestier, permettra d'offrir la meilleure garantie pour protéger la biodiversité. Dans l'Est du Québec, les connaissances relatives à la forêt préindustrielle du Bas-Saint-Laurent (sapinière à bouleau jaune de l'Est) et à son évolution depuis le début des coupes sont fragmentaires. Le long historique d'exploitation des forêts y rend difficile la documentation des caractéristiques clés des forêts préindustrielles à cause de la rareté des territoires vierges ou faiblement exploités. Dans une telle situation, il est reconnu que les caractéristiques de la forêt préindustrielle, soit avant son exploitation soutenue, constituent une base solide dans le développement de pratiques forestières écosystémiques. L'objectif principal de cette thèse est de documenter, à partir de l'écologie historique, les principales caractéristiques (structure, composition et organisation spatiale) de la forêt préindustrielle de la région du Bas-Saint-Laurent pour mieux comprendre sa transformation depuis le début de l'exploitation forestière dans la perspective de déployer un AFÉ. Les résultats de cette thèse ont permis de documenter la structure et la composition des paysages de la forêt préindustrielle à l'échelle régionale et de retracer les grandes phases d'exploitation forestière qui ont provoqué sa transformation depuis le début du XIXe siècle. La phase initiale d'exploitation des forêts (1820-1900) a débuté avec la coupe du pin rouge (Pinus resinosa Ait.), du pin blanc (Pinus strobus L.) et des épinettes (Picea spp.) de forte dimension le long du réseau hydrographique principal car la drave était à l'époque le principal moyen de transport des bois. À partir du début du XXe siècle, on a assisté à une transformation progressive et de plus en plus sévère des forêts régionales. L'exploitation forestière accrue induite par l' intensification de la récolte a entraînée l'extraction massive de l'ensemble des essences conifériennes, notamment le sapin baumier (Abies balsamea L.), qui formaient la matrice des paysages forestiers au début du XXe siècle. L'analyse de cartes forestières de 1930 révèle en effet qu'une vaste portion (>75%) des superficies encore non exploitées à ce moment dans les bassins versants des rivières Rimouski, Mitis et Matane (total de 256 000 ha) était composée de vieux peuplements de conifères dont l' âge dépassait 100 ans. Les peuplements mixtes et feuillus étaient toutefois de plus en plus abondants à mesure qu' on s'approchait du sommet des collines. Au cours du XXe siècle, la matrice de vieilles forêts conifériennes a été progressivement érodée au profit des jeunes peuplements en régénération. Entre 1930 et 2000, le nombre de plaques de paysage a considérablement augmenté, suggérant une fragmentation croissante du couvert forestier. Au cours de cette période, plus de 60 % des couverts conifériens ont évolué vers des couverts en régénération ou mixtes tandis que les couverts feuillus ont considérablement augmenté (2.3 à 12.4 fois). Dans certaines portions du territoire, comme à l' intérieur de la Seigneurie Nicolas-Riou, une prolifération marquée de l' abondance des essences feuillues (bouleau à papier (Betula papyrifera Marsh.), érable à sucre (Acer saccharum Marsh.), érable rouge (Acer rubrum L.) et peuplier faux-tremble (Populus tremuloides Michx) a été observée à la suite des coupes répétées qui visaient la récolte des essences de conifères (sapin, épinette blanche (Picea glauca (Moench) Voss), thuya occidental (Thuja occidentalis L.), pin rouge et pin blanc). Les coupes de récupération lors de la dernière épidémie de tordeuses des bourgeons de l'épinette (Choristoneura fumiferana Clemens) (1975-1990) ont favorisé l'implantation massive des plantations d'épinette noire (Picea mariana (Mill.) B.S.P.) et d' épinette de Norvège (Picea abies L.) sur de vastes superficies. Depuis le début de l'exploitation forestière régionale, un écart de plus en plus important s'est creusé entre les conditions forestières préindustrielles et actuelles, reflétant une gestion non durable de la forêt selon les critères du maintien de la diversité des écosystèmes. Pour compenser la perte des vieux peuplements de conifères, nous suggérons que l'aménagement écosystémique soit utilisé pour restaurer les forêts et particulièrement pour augmenter l'abondance des forêts de conifères à structure irrégulière.

Format EndNote

Vous pouvez importer cette référence dans EndNote.

Format BibTeX-CSV

Vous pouvez importer cette référence en format BibTeX-CSV.

Format BibTeX

Vous pouvez copier l'entrée BibTeX de cette référence ci-bas, ou l'importer directement dans un logiciel tel que JabRef .

@PHDTHESIS { Boucher2008,
    AUTHOR = { Boucher, Y. },
    TITLE = { Dynamique de la forêt du Bas-Saint-Laurent depuis le début de l’exploitation forestière (1820-2000) },
    SCHOOL = { Université du Québec à Rimouski },
    YEAR = { 2008 },
    NOTE = { CEFTMS, Arseneault, D. and Sirois, L. },
    ABSTRACT = { Depuis la fin du XXe siècle, l'aménagement forestier tend à passer d'une gestion strictement orientée vers la récolte de matière ligneuse vers une gestion des écosystèmes visant aussi le maintien de l' intégrité écologique. C'est ainsi qu'est apparu le concept de l'aménagement forestier écosystémique (AFÉ). L'AFÉ tente de reproduire, par des stratégies d'aménagement et des traitements sylvicoles, la mosaïque d'écosystèmes retrouvés sous un régime de perturbations naturelles. D ' après le concept du filtre brut, on assume que le maintien de cette panoplie de conditions, sous un régime d'aménagement forestier, permettra d'offrir la meilleure garantie pour protéger la biodiversité. Dans l'Est du Québec, les connaissances relatives à la forêt préindustrielle du Bas-Saint-Laurent (sapinière à bouleau jaune de l'Est) et à son évolution depuis le début des coupes sont fragmentaires. Le long historique d'exploitation des forêts y rend difficile la documentation des caractéristiques clés des forêts préindustrielles à cause de la rareté des territoires vierges ou faiblement exploités. Dans une telle situation, il est reconnu que les caractéristiques de la forêt préindustrielle, soit avant son exploitation soutenue, constituent une base solide dans le développement de pratiques forestières écosystémiques. L'objectif principal de cette thèse est de documenter, à partir de l'écologie historique, les principales caractéristiques (structure, composition et organisation spatiale) de la forêt préindustrielle de la région du Bas-Saint-Laurent pour mieux comprendre sa transformation depuis le début de l'exploitation forestière dans la perspective de déployer un AFÉ. Les résultats de cette thèse ont permis de documenter la structure et la composition des paysages de la forêt préindustrielle à l'échelle régionale et de retracer les grandes phases d'exploitation forestière qui ont provoqué sa transformation depuis le début du XIXe siècle. La phase initiale d'exploitation des forêts (1820-1900) a débuté avec la coupe du pin rouge (Pinus resinosa Ait.), du pin blanc (Pinus strobus L.) et des épinettes (Picea spp.) de forte dimension le long du réseau hydrographique principal car la drave était à l'époque le principal moyen de transport des bois. À partir du début du XXe siècle, on a assisté à une transformation progressive et de plus en plus sévère des forêts régionales. L'exploitation forestière accrue induite par l' intensification de la récolte a entraînée l'extraction massive de l'ensemble des essences conifériennes, notamment le sapin baumier (Abies balsamea L.), qui formaient la matrice des paysages forestiers au début du XXe siècle. L'analyse de cartes forestières de 1930 révèle en effet qu'une vaste portion (>75%) des superficies encore non exploitées à ce moment dans les bassins versants des rivières Rimouski, Mitis et Matane (total de 256 000 ha) était composée de vieux peuplements de conifères dont l' âge dépassait 100 ans. Les peuplements mixtes et feuillus étaient toutefois de plus en plus abondants à mesure qu' on s'approchait du sommet des collines. Au cours du XXe siècle, la matrice de vieilles forêts conifériennes a été progressivement érodée au profit des jeunes peuplements en régénération. Entre 1930 et 2000, le nombre de plaques de paysage a considérablement augmenté, suggérant une fragmentation croissante du couvert forestier. Au cours de cette période, plus de 60 % des couverts conifériens ont évolué vers des couverts en régénération ou mixtes tandis que les couverts feuillus ont considérablement augmenté (2.3 à 12.4 fois). Dans certaines portions du territoire, comme à l' intérieur de la Seigneurie Nicolas-Riou, une prolifération marquée de l' abondance des essences feuillues (bouleau à papier (Betula papyrifera Marsh.), érable à sucre (Acer saccharum Marsh.), érable rouge (Acer rubrum L.) et peuplier faux-tremble (Populus tremuloides Michx) a été observée à la suite des coupes répétées qui visaient la récolte des essences de conifères (sapin, épinette blanche (Picea glauca (Moench) Voss), thuya occidental (Thuja occidentalis L.), pin rouge et pin blanc). Les coupes de récupération lors de la dernière épidémie de tordeuses des bourgeons de l'épinette (Choristoneura fumiferana Clemens) (1975-1990) ont favorisé l'implantation massive des plantations d'épinette noire (Picea mariana (Mill.) B.S.P.) et d' épinette de Norvège (Picea abies L.) sur de vastes superficies. Depuis le début de l'exploitation forestière régionale, un écart de plus en plus important s'est creusé entre les conditions forestières préindustrielles et actuelles, reflétant une gestion non durable de la forêt selon les critères du maintien de la diversité des écosystèmes. Pour compenser la perte des vieux peuplements de conifères, nous suggérons que l'aménagement écosystémique soit utilisé pour restaurer les forêts et particulièrement pour augmenter l'abondance des forêts de conifères à structure irrégulière. },
    OWNER = { Luc },
    TIMESTAMP = { 2010.07.14 },
    URL = { http://semaphore.uqar.ca/69/ },
}

********************************************************** ***************** Facebook Twitter *********************** **********************************************************

Abonnez-vous à
l'Infolettre du CEF!

********************************************************** ***************** Pub - Symphonies_Boreales ****************** **********************************************************

********************************************************** ***************** Boîte à trucs *************** **********************************************************

CEF-Référence
La référence vedette !

Jérémie Alluard (2016) Les statistiques au moments de la rédaction 

  • Ce document a pour but de guider les étudiants à intégrer de manière appropriée une analyse statistique dans leur rapport de recherche.

Voir les autres...