Mazaleyrat2021

Référence

Mazaleyrat, A. (2021) Mécanismes associés au succès d'envahissement d'espèces exotiques animales dans les habitats perturbés : étude du complexe de limaces Arion subfuscus s.l. dans des habitats perturbés par des coupes forestières. Thèse de doctorat, Université du Québec en Outaouais. (URL )

Résumé

Les invasions biologiques sont considérées comme un facteur majeur de perte de biodiversité et plusieurs dizaines d’hypothèses ont été formulées pour expliquer le succès d’envahissement des espèces exotiques. Parmi celles-ci, l’hypothèse de la perturbation propose que le succès d’envahissement des espèces exotiques soit favorisé par la perturbation de l’habitat. Les mécanismes sous-jacents restent cependant peu documentés, tout particulièrement chez les espèces exotiques animales. Parmi les espèces de limaces exotiques au Canada, le complexe envahissant Arion subfuscus (Draparnaud, 1805) sensu lato, s’est rapidement établi dans de nombreux écosystèmes d’Amérique du Nord, tels que les forêts aménagées, mais les mécanismes impliqués dans son succès d’envahissement ne sont pas identifiés. Depuis le 19e siècle, les écosystèmes forestiers sont de plus en plus perturbés par l’exploitation forestière à tel point que les coupes forestières sont devenues plus fréquentes que certaines perturbations naturelles dans plusieurs régions du Canada. L’objectif de ma thèse était de déterminer (1) si les perturbations anthropiques (c.-à-d. coupes forestières) favorisent le succès d’envahissement des espèces animales exotiques (A. subfuscus s.l., ci-après Arion), (2) par quels mécanismes le complexe d’espèces exotiques envahissantes profite de la perturbation, et enfin (3) si la compétition avec ce complexe peut représenter une menace pour le maintien des espèces indigènes sympatriques (Philomycus spp., ci-après Philomycus). Dans un premier chapitre, j’ai testé l’hypothèse de la perturbation en déterminant l’effet de l’occurrence d’une perturbation (c.-à-d., coupe forestière), son intensité et le temps depuis son occurrence, sur l’abondance d’Arion, un indicateur de son succès d’envahissement. Les résultats provenant de trois écosystèmes forestiers de l’est du Canada révèlent que les coupes forestières, selon leurs caractéristiques (intensité et temps écoulé depuis la coupe), peuvent favoriser le succès d’envahissement d’Arion. À la lumière de ces résultats, nous avons proposé un cadre conceptuel de l’hypothèse de la perturbation qui prend explicitement en compte l’effet de l’intensité de la perturbation et du temps écoulé depuis son occurrence sur le succès d’envahissement des espèces exotiques, incluant la manière dont ces deux caractéristiques affectent les conditions biotiques et abiotiques de l’écosystème. Ce cadre, qui peut être appliqué aux espèces exotiques animales et végétales, permet de déterminer plus précisément dans quelles circonstances une perturbation de l’habitat va favoriser les invasions animales. Dans le deuxième et troisième chapitre, j’ai cherché à identifier les mécanismes associés au succès d’envahissement des espèces exotiques animales dans les habitats perturbés. Plus particulièrement, j’ai évalué le rôle des (i) modifications d’attributs de l’habitat générées par la coupe forestière, (ii) des valeurs de traits comportementaux, (iii) de la plasticité comportementale et (iv) de la compétition interspécifique par interférence dans le succès d’envahissement d’Arion dans les habitats perturbés par des coupes. Nos résultats suggèrent que les changements d’attributs de l’habitat générés par les coupes favorisent directement ou indirectement le succès d’envahissement des espèces exotiques (Arion). Une étude en milieu contrôlé des réponses comportementales d’Arion et Philomycus à une diminution de l’humidité du sol (phénomène régulièrement observé à la suite d’une coupe forestière) a quant à elle révélé qu’Arion n’avait ni un niveau d’audace et d’activité exploratoire (deux comportements qui favorisent le succès d’envahissement), ni une plasticité phénotypique plus élevée que Philomycus. Ces résultats suggèrent que des valeurs plus avantageuses ou une plasticité plus importante dans ces comportements chez Arion comparativement à Philomycus ne sont pas impliquées dans le succès d’envahissement d’Arion dans les habitats perturbés par des coupes. Finalement, le comportement de Philomycus n’étant pas affecté par la présence d’Arion, il est donc peu probable que la compétition interspécifique par interférence puisse avoir favorisé le succès d’envahissement d’Arion dans les habitats perturbés, tels que les forêts aménagées, et qu’Arion menace le maintien des populations indigènes. Des résultats complémentaires suggèrent toutefois qu’Arion pourrait exploiter plus efficacement les ressources que les espèces indigènes puisqu’elle utilisait principalement le refuge le plus proche de la nourriture. Ces résultats suggèrent qu’Arion a une plus grande capacité de compétition par exploitation que Philomycus. En résumé, la réalisation d’expériences en milieu contrôlé combinée à des prises de données en milieu naturel a permis d’apporter des réponses sur les mécanismes associés au succès d’envahissement des espèces exotiques animales dans les habitats perturbés par des coupes.

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@PHDTHESIS { Mazaleyrat2021,
    TITLE = { Mécanismes associés au succès d'envahissement d'espèces exotiques animales dans les habitats perturbés : étude du complexe de limaces Arion subfuscus s.l. dans des habitats perturbés par des coupes forestières },
    AUTHOR = { Mazaleyrat, A. },
    SCHOOL = { Université du Québec en Outaouais },
    YEAR = { 2021 },
    NOTE = { CEFTMS, Dupuch, A. and Lorenzetti, F. },
    ABSTRACT = { Les invasions biologiques sont considérées comme un facteur majeur de perte de biodiversité et plusieurs dizaines d’hypothèses ont été formulées pour expliquer le succès d’envahissement des espèces exotiques. Parmi celles-ci, l’hypothèse de la perturbation propose que le succès d’envahissement des espèces exotiques soit favorisé par la perturbation de l’habitat. Les mécanismes sous-jacents restent cependant peu documentés, tout particulièrement chez les espèces exotiques animales. Parmi les espèces de limaces exotiques au Canada, le complexe envahissant Arion subfuscus (Draparnaud, 1805) sensu lato, s’est rapidement établi dans de nombreux écosystèmes d’Amérique du Nord, tels que les forêts aménagées, mais les mécanismes impliqués dans son succès d’envahissement ne sont pas identifiés. Depuis le 19e siècle, les écosystèmes forestiers sont de plus en plus perturbés par l’exploitation forestière à tel point que les coupes forestières sont devenues plus fréquentes que certaines perturbations naturelles dans plusieurs régions du Canada. L’objectif de ma thèse était de déterminer (1) si les perturbations anthropiques (c.-à-d. coupes forestières) favorisent le succès d’envahissement des espèces animales exotiques (A. subfuscus s.l., ci-après Arion), (2) par quels mécanismes le complexe d’espèces exotiques envahissantes profite de la perturbation, et enfin (3) si la compétition avec ce complexe peut représenter une menace pour le maintien des espèces indigènes sympatriques (Philomycus spp., ci-après Philomycus). Dans un premier chapitre, j’ai testé l’hypothèse de la perturbation en déterminant l’effet de l’occurrence d’une perturbation (c.-à-d., coupe forestière), son intensité et le temps depuis son occurrence, sur l’abondance d’Arion, un indicateur de son succès d’envahissement. Les résultats provenant de trois écosystèmes forestiers de l’est du Canada révèlent que les coupes forestières, selon leurs caractéristiques (intensité et temps écoulé depuis la coupe), peuvent favoriser le succès d’envahissement d’Arion. À la lumière de ces résultats, nous avons proposé un cadre conceptuel de l’hypothèse de la perturbation qui prend explicitement en compte l’effet de l’intensité de la perturbation et du temps écoulé depuis son occurrence sur le succès d’envahissement des espèces exotiques, incluant la manière dont ces deux caractéristiques affectent les conditions biotiques et abiotiques de l’écosystème. Ce cadre, qui peut être appliqué aux espèces exotiques animales et végétales, permet de déterminer plus précisément dans quelles circonstances une perturbation de l’habitat va favoriser les invasions animales. Dans le deuxième et troisième chapitre, j’ai cherché à identifier les mécanismes associés au succès d’envahissement des espèces exotiques animales dans les habitats perturbés. Plus particulièrement, j’ai évalué le rôle des (i) modifications d’attributs de l’habitat générées par la coupe forestière, (ii) des valeurs de traits comportementaux, (iii) de la plasticité comportementale et (iv) de la compétition interspécifique par interférence dans le succès d’envahissement d’Arion dans les habitats perturbés par des coupes. Nos résultats suggèrent que les changements d’attributs de l’habitat générés par les coupes favorisent directement ou indirectement le succès d’envahissement des espèces exotiques (Arion). Une étude en milieu contrôlé des réponses comportementales d’Arion et Philomycus à une diminution de l’humidité du sol (phénomène régulièrement observé à la suite d’une coupe forestière) a quant à elle révélé qu’Arion n’avait ni un niveau d’audace et d’activité exploratoire (deux comportements qui favorisent le succès d’envahissement), ni une plasticité phénotypique plus élevée que Philomycus. Ces résultats suggèrent que des valeurs plus avantageuses ou une plasticité plus importante dans ces comportements chez Arion comparativement à Philomycus ne sont pas impliquées dans le succès d’envahissement d’Arion dans les habitats perturbés par des coupes. Finalement, le comportement de Philomycus n’étant pas affecté par la présence d’Arion, il est donc peu probable que la compétition interspécifique par interférence puisse avoir favorisé le succès d’envahissement d’Arion dans les habitats perturbés, tels que les forêts aménagées, et qu’Arion menace le maintien des populations indigènes. Des résultats complémentaires suggèrent toutefois qu’Arion pourrait exploiter plus efficacement les ressources que les espèces indigènes puisqu’elle utilisait principalement le refuge le plus proche de la nourriture. Ces résultats suggèrent qu’Arion a une plus grande capacité de compétition par exploitation que Philomycus. En résumé, la réalisation d’expériences en milieu contrôlé combinée à des prises de données en milieu naturel a permis d’apporter des réponses sur les mécanismes associés au succès d’envahissement des espèces exotiques animales dans les habitats perturbés par des coupes. },
    URL = { http://di.uqo.ca/id/eprint/1286/ },
    TIMESTAMP = { 2021-09-08 },
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