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L'actualité du CEF en profondeur


23 août 2010

Le concept des forêts modèles canadiennes migre en Afrique | Nouvelles photos
Texte par Gabriel Sarasin

Depuis quelques temps, un financement canadien permet de mettre en place le concept canadien de Forêts Modèles en Afrique centrale, dans le cadre du programme IFMA (Initiative pour un Réseau de Forets Modèles en Afrique). Gabriel Sarasin, membre du CEF, est présentement en stage pour le Réseau Africain des Forêts Modèles en République Démocratique du Congo. Voici ses impressions et quelques photos.

Les 13 et 14 août dernier, j’ai organisé un atelier pour évaluer la faisabilité de la mise en place de la première Forêt Modèle en République Démocratique du Congo (RDC). Cet atelier s'est tenu à la cité de Tshela, dans la province du Bas-Congo et a regroupé des acteurs des divers groupes d’intérêts sur le territoire (secteur privé, ONG, associations paysannes, chefs coutumiers, administration, institutions d’enseignement supérieures). Plus de 45 personnes sont ainsi réunies pour échanger, développer une vision commune du territoire et de ses enjeux ainsi que pour cibler les actions prioritaires pour mettre en place une Forêt Modèle dans le Mayombe de la RDC. Au terme de l’atelier, il y a eu un comité de pilotage provisoire mis en place, soit le tout premier de la RDC, d'Afrique Centrale et du programme IFMA. La forêt du Mayombe s’étend de la RDC jusqu’au sud du Gabon en passant par l’Anglola (Cabinda) et la République du Congo. À l’atelier étaient présents des cadres de l’administration nationale, d’ONG internationales ainsi que l’équipe du Réseau africain des Forêts Modèles en provenance du Cameroun.


L’Institut supérieur d’études agronomiques de Tshela
(photo Caroline Olivier)

Les Forêts Modèles sont un concept canadien qui a été présenté comme alternative à la gestion des conflits sur un territoire à la Conférence de Rio en 1992. Depuis lors, le concept s’est étendu dans plus de 20 pays avec plus de 50 Forêts Modèles, réunies en réseaux (canadien, européen, ibéro-américain, méditerranéen, asiatique, russe, africain). Depuis 2004, un Réseau africain des Forêts Modèles a été fondé par le Dr. Chimère Diaw, dont le siège est basé à Yaoundé, Cameroun. Il n'existe présentement que deux Forêts Modèles en Afrique sub-saharienne, toutes deux basées au Cameroun.

C’est dans cette optique que la forêt du Mayombe en RDC a été ciblé comme première Forêt Modèle potentielle en Afrique Centrale hors-Cameroun. Si une Forêt Modèle est mise en place dans le Mayombe en RDC, l’option d’étendre la Forêt Modèle aux autres pays du Mayombe (Angola, République du Congo, Gabon) sera explorée. Cela pourrait alors mener à la création de la première Forêt Modèle transfrontalière au monde.

Gabriel Sarasin est Stagiaire au Réseau africain des Forêts Modèles et au projet d'appui a la Formation en Gestion des Ressources Naturelles dans le Bassin du Congo, volet technique (OGRN-BC), Institut Supérieur d'Etudes Agronomique de Tshela (ISEA-Tshela), Cité de Tshela (Bas-Congo), République Démocratique du Congo

Nouvelles photos!


19 août 2010

Le CEF participe à un projet photo sur la forêt boréale
Texte par Mélanie Desrochers

Deux français, quatre appareils photo, une mission : faire un portrait humain de la forêt boréale québécoise. C'est ce à quoi rêvait Agnès Domingo et Guillaume Ajavon, deux aventuriers qui ont tout laissé derrière eux pour partir à la découverte des gens qui habitent, travaillent et vivent en forêt boréale québécoise.

C'est par un survol sur Google Earth que leur destination s'arrête sur l'Abitibi-Témiscamingue. De Montréal, ils prendront le train vers Senneterre à bord duquel ils feront les premières rencontres de personnages forestiers. Rapidement, ils se rendent compte que tout le monde se connaît dans ce milieu! C'est ainsi qu'ils aboutissent, un beau soir d'été de juillet, à la Station de recherche de Duparquet (FERLD ) pour rencontrer les scientifiques de la forêt boréale. Les voilà donc prêts à accompagner deux groupes sur le terrain.

En compagnie d'Aurélie Terrier, d'Emmanuelle Fréchette et de Mélanie Desrochers, ils partent pour une première visite en pessière à mousses, au nord de Villebois. Ils ont droit à un réel cours 101 sur la forêt boréale : essences forestières, biodiversité, aménagement écosystémique, perturbations, sols forestiers... tout y passe, même le changement d'un pneu crevé! Au cours de la journée, ils visiteront différents peuplements forestiers (perturbés ou non et de compositions et d'âges différents). On les sent impressionnés par l'ampleur du projet d'Aurélie, qui tente de modéliser les effets des changements climatiques sur le sol forestier et donc de sa réponse aux feux de forêts.

Quelques jours plus tard, ils suivront les traces de Simon Paradis et de Martin Payette, deux membres du laboratoire d'entomologie de Tim Work (UQAM), afin de récolter le contenu d'insectes dans les pièges fosses qui sont placés dans différents traitements forestiers et sites témoin, à même la FERLD. L'importance de la biodiversité présente dans le sol est un aspect qui a étonné nos deux visiteurs.

En plus des chercheurs du CEF, Guillaume et Agnès ont eu la chance d'arpenter nombreux endroits abitibiens, tels que Kitsisakik, Val d'Or, Rouyn-Noranda, Rapide-Danseur, LaSarre, Amos, Villebois, Joutel, lac Mistaouac et même Radisson au nord du Québec! Ce qu'ils ont été impressionnés du paysage à la vue d'un récent feu de forêt... Au cours de leur périple, ils ont pu échanger sur l'importance de la forêt avec les travailleurs forestiers, planteurs, industriels, autochtones, artistes, agriculteurs, environnementalistes, fonctionnaires, bohèmes, etc. Leur projet photo se veut donc une série de portraits accompagnés de citations des gens qui vivent en forêt boréale.

Une fois retournés à Toulouse, nos deux comparses désirent monter leur exposition photo et la proposer aux différents Museum d'Histoire Naturelle français. Si possible, ils souhaiteraient aussi rapporter leur expo en Abitibi, afin que les gens locaux puissent voir le travail réalisé en leur compagnie. Ce fut un réel plaisir pour les gens du CEF de collaborer à ce beau projet. Voici même, en primeur, quelques clichés pris en Abitibi.

Biologiste de formation et photographe de passion, Guillaume Ajavon tenait à faire une photo-reportage scientifique. Agnès Domingo, aménagiste du territoire, espère influencer les jeunes à se forger une conscience environnementale. Les premières idées de sujet et de destination comprennent la forêt amazonienne (Brésil), les sables bitumineux (Alberta), les défis environnementaux en Inde et la forêt boréale québécoise. Agnès ayant déjà passé deux ans au Québec à travailler pour le Conseil régional de l'environnement de Montréal, ils décident de démarrer la série de reportages au Québec. Les voilà donc enlignés pour le Québec à l'été 2010. Refusant de se plier à des contraintes et des exigences d'autrui, ils décident de partir sans subvention ni soutien de quelconque organisation, afin de réellement faire le projet dont ils rêvaient. On peut consulter certains projets photographiques passés sur leur site Douce Offensive 


10 juin 2010

Un nouveau docteur au CEF, Julien Fortier
Texte par Daniel Gagnon

Mercredi le 9 juin s’est déroulée la soutenance de thèse en sciences de l’environnement de Julien Fortier, sous la direction de Daniel Gagnon (CEF UQAM) et la codirection de Benoit Truax (Fiducie de recherche sur la forêt des Cantons-de-l’Est). Le jury de thèse était formé de Robert Bradley (évaluateur externe, Université de Sherbrooke), Annie DesRochers (évaluatrice interne, UQAT), Christian Messier (président du jury, UQAM) et des deux codirecteurs du candidat. Julien Fortier est parmi les rares à avoir réalisé l’exploit de terminer un doctorat en trois ans.

La thèse de Julien Fortier constitue une contribution majeure en environnement, dans un domaine (les plantations de bandes riveraines d’arbres en vue de contrer la pollution agricole diffuse) très peu étudié au Québec et dans l’est de l’Amérique en général, malgré son importance. La thèse montre clairement l’efficacité de bandes, relativement étroites, de peupliers hybrides à capter l’azote et le phosphore provenant des sols agricoles adjacents. Les volumes de bois obtenus (à 40 m3/ha/an, les plus élevés jamais mesurés au Québec) montrent aussi que les bandes riveraines pourraient être une source importante de bois et de biomasse pour le Québec, tout en réduisant efficacement la pollution agricole diffuse, et tous les problèmes qui y sont associés, en commençant par les blooms de cyanobactéries toxiques qui affligent plusieurs cours d’eaux et lacs du sud du Québec depuis les dernières années. Aussi, la séquestration importante de carbone par ces bandes a une valeur environnementale immédiate, et pourrait avoir une valeur économique dans le futur (crédits de carbone). La thèse montre également que le spectre des « méchants peuplier hybrides exotiques » sur la diversité végétale en milieu riverain se révèle être une idée sans fondement. Au contraire, les bandes riveraines de peupliers hybrides, en créant de l’ombre, ont réduit la biomasse et le recouvrement des espèces introduites (ou exotiques) trouvées en sous bois, car la plupart sont intolérantes à l’ombre, sans toutefois avoir eu d’effet négatif sur les espèces indigènes du sous bois, incluant les espèces indigènes des milieux humides.

Félicitations donc à Julien Fortier, qui a trouvé le moyen de dégonfler plusieurs « balounes » d’un seul coup avec sa thèse et ses quatre articles. Les multiples services écosystémiques et économiques des bandes riveraines sont bien illustrés et discutés dans cette thèse. La contribution de Julien Fortier est directement applicable à des objectifs importants en qualité des eaux, en production de bois et de fibres, ainsi qu’en conservation. Ceci décuple sa valeur sociétale et justifie parfaitement l’obtention du doctorat en sciences de l’environnement.

Les deux premiers chapitres de la thèse de Julien Fortier sont déjà publiés dans Biomass & Bioenergy (doi:10.1016/j.biombioe.2010.02.011) et Agriculture, Ecosystems and Environment (2010; vol. 137: 276-287).


25 mai 2010

Stage en virologie de la livrée?
Texte par Mélanie McClure, étudiante au doctorat avec Emma Despland

Dr Don Stoltz  travaille en virologie. Il peut donc sembler étrange qu’en tant qu’écologiste j’ai choisi de faire un stage dans son laboratoire à l’Université Dalhousie à Halifax. Par contre, nous avions un point en commun : le parasitoide Hyposoter fugitivus. Il en avait, et moi pas.

En effet, un de mes projets de doctorat consiste à déterminer si l’agrégation chez la chenille de la livrée des forêts (Malacosoma disstria) pourrait être avantageuse face aux prédateurs et parasitoides invertébrés, soit en tant qu’effet de dilution, à titre de vigilance accrue ou d’amplification d’une réponse anti-prédatrice. Par exemple, la synchronisation du mouvement de la tête semble prévenir le parasitisme (Costa 1997) et la régurgitation du contenu du système digestif chez une espèce proche, M. americanum, a un effet répulsif chez les fourmis (Peterson et al. 1987). Cependant, chez la livrée des forêts, aucune étude précédente n’a tenté de déterminer si le comportement de grégarité était réellement avantageux contre la prédation par les invertébrés.

Des résultats préliminaires obtenus pendant les étés 2008 et 2009 ont démontré que les réactions des chenilles, au niveau individuel et de groupe, diffèrent selon qu’elles sont engendrées par des prédateurs généralistes (tels qu’une araignée et un hémiptère) ou par des parasitoides. Cependant, des tests additionnels avec les parasitoides étaient nécessaires. Or, les parasitoides fournis par Dr Stoltz lors de l’été 2008 se sont avérés difficile à maintenir en laboratoire et un grand nombre d’individus était nécessaire. Dr Stoltz possède des années d’expérience dans l’élevage fastidieux de ce parasitoïde et a généreusement accepté que je continue mes travaux sur les réponses anti-prédatrices de M. disstria envers les parasitoides dans son laboratoire, lors d’un séjour d’un mois (13 mars-10 avril 2010).


Livrée des forêts

Malgré mon ignorance en virologie, mon séjour a été très productif et m’a permis de compléter mes expériences sur les défenses comportementales de M. disstria contre ce parasitoide. Nous avons d’ailleurs pu échanger beaucoup d’informations quant à l’élevage de nos insectes, et je crois pouvoir appliquer certaines techniques à mes propres élevages à l’Université Concordia. Sans oublier que ce professeur semi-retraité a aussi partagé sa deuxième expertise, le flamenco, à l’heure du dîner. Maintenant de retour à Montréal, j’analyse mes données et j’essaie de comprendre ce que signifient mes résultats. Je vous tiendrai donc au courant de mes trouvailles!

Ce stage a été rendu possible grâce à une bourse du CEF


19 mai 2010

Entente sur la forêt boréale canadienne : qu'en est-il exactement?
Texte par Mélanie Desrochers

Le 18 mai dernier, 21 sociétés membres de l'Association des produits forestier du Canada (APFC) et neuf grands organismes environnementaux ont dévoilé une entente historique qui couvre 72 millions d'hectares de forêts boréales publiques aménagées par les membres de l'APFC au Canada (soit deux fois la superficie de l'Allemagne), dont 16 millions d'hectares au Québec. Cette entente vise à mettre en place un moratoire de coupe et de construction de chemins pendant trois ans sur près de 29 millions d'hectares de forêt boréale, dont 8,5 millions se trouvent au Québec. En échange, les ONGE acceptent de mettre fin aux campagnes de boycott des produits forestiers non durables.

Près de deux ans ont été nécessaires pour que ces groupes antagonistes arrivent à une entente. Selon Avrim Lazar, président et chef de la direction de l'APFC "Le vieux paradigme dans lequel évoluaient les sociétés membres de l'APFC et les ONGE a été complètement réinventé. Ils ont défini ensemble une manière plus ingénieuse et plus productive de gérer les défis économiques et environnementaux associés à la forêt boréale, ce qui rassurera les acheteurs internationaux quant au caractère durable de nos produits".


Territoire canadien couvert par l'Entente

Pendant les trois prochaines années du moratoire, les acteurs doivent mettre en œuvre un plan d'action sur 60 points, lequel sera évalué par un tierce parti indépendant qui rendra public ses rapports. Parmi les objectifs à atteindre, notons :

  • l'élaboration et l'application de meilleurs pratiques d'aménagement forestier durable parmi les meilleures au monde
  • la formulation de propositions conjointes d'aires protégées et le rétablissement d'espèces en péril, notamment le caribou forestier (espèce menacée au Canada et à statut vulnérable au Québec)
  • une démarche qui tient compte de tout le cycle de vie des produits et leur empreinte carbone
  • une plus grande prospérité économique pour les collectivités forestières et la reconnaissance sur le marché international des avancées au chapitre de la conservation

Au Québec

Au Québec, les principaux acteurs visés sont les compagnies forestières Tembec, Abitibi-Bowater, Louisiana-Pacific et Kruger. Suite aux négociations, les industriels et les groupes environnementaux ont ciblé, sur le territoire couvert par l'Entente sur la forêt boréale (en jaune sur la carte), de suspendre les activités d'aménagement sur 8,5 millions d'hectares (en rouge sur la carte). Un œil aiguisé remarquera que de nombreux territoires de coupes prévus aux plans d'aménagement pour 2010, 2011 et 2012 situés dans la zone rouge seront tout de même coupés.


Territoire québécois couvert par l'Entente

Comme l'indiquait M. Patrick Nadeau de la SNAP lors de la conférence de presse, il s'agit d'un bon moment pour annoncer cette entente. Avec la venue de la nouvelle Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier, l'engagement du gouvernement de passer de 8 à 12 % d'aires protégées au Québec et l'annonce du Plan Nord qui prévoit notamment la protection de 50 % du territoire au nord du 49e parallèle, c'est le moment d'identifier les forêts intactes et les habitats cruciaux pour les espèces menacées, et ce à temps pour les plans d'aménagement de 2013-2018.

Et la recherche dans tout ça?

Ce hiatus de trois ans devra permettre aux acteurs de se mettre à jour sur les récents travaux de recherche qui permettront de mieux cibler les territoires à protéger AVANT qu'il ne soit trop tard. Rappelons que la zone boréale de la forêt commerciale n'est protégée qu'à 5 % et qu'il ne reste que très peu de forêts intactes. Ces massifs forestiers sont indispensables pour la protection de la biodiversité. Selon Alain Leduc, chercheur à l'UQAM, membre du CEF et récent co-récipiendaire d'une subvention de recherche sur les massifs forestiers avec Pierre Drapeau et Louis Imbeau, "cette entente devrait permettre le développement d'une stratégie de récolte qui soit plus respectueuse des enjeux de biodiversité associés à l'existence de ces massifs".

De plus, la recherche mise en place par les équipes caribou des différentes institutions (Daniel Fortin à l'Université Laval, Pierre Drapeau à l'UQAM, Claude Dussault au MRNF, etc.) pourra donner des pistes de solution qui permettront d'identifier les aires cruciales d'habitat nécessaires à leur survie et aussi, à mieux comprendre les effets de l'aménagement sur les caribous forestiers.

Cette entente historique reflète bien le chemin parcouru en termes d'aménagement forestier durable depuis la dernière décennie. Les notions d'aires protégées, d'aménagement écosystémique, de résilience des forêts et de protection de la biodiversité sont maintenant ancrées dans le vocabulaire forestier et devront maintenant se traduire sur le terrain. Cette démarche permettra de positionner l'industrie forestière canadienne comme un chef de file en matière de durabilité. Enfin un souffle d'espoir sur ce secteur qui se relève tout doucement de son état de crise! Rappelons que l'industrie forestière au Québec c'est plus de 200 000 emplois liés à la forêt et un PIB de 6,2 milliards de dollars (soit 2,5 % du total provincial).

Bien que nos connaissances soient encore minces en termes de conservation du patrimoine forestier, cette Entente nous donne des outils et du temps pour palier à ce manque. Par ce moratoire de trois ans, les acteurs reconnaissent l'importance de protéger avant d'exploiter. À en voir les réactions à travers les médias internationaux (NY Times, BBC, Le Guardian, Financial Times, etc.), cette décision vient de mettre le Canada à l'avant plan pour devenir le chef de file mondial en matière d'aménagement durable du territoire.

Documents et sites webs

Médias et Réactions

31 mai 2010

Texte d'opinion : L’un des principaux problèmes de cette entente du 18 mai dernier, pompeusement qualifiée d’historique, réside dans le fait qu’elle s’est négociée par-dessus l’État fiduciaire des forêts, et sans la participation des communautés autochtones et non autochtones qui vivent du, et dans le territoire forestier. (Silva Libera)

27 mai 2010
  • The Canadian Boreal Forest Agreement Reconsidered 
    A critique of the recent Boreal Forest Agreement between FPAC industries and major ENGOs: In return for swapping 72,205 hectares of harvesting out of the boreal forest and maintaining “voluntary deferrals” for another two years, the CBFA transforms the nine ENGOs involved into a promotional service, protection racket and intelligence gathering service for twenty one companies that are actively logging woodland caribou habitat within the boreal forest. (Dominian)
21 mai 2010

Richard Desjardins dénonce''' (Radio-Canada)]]

20 mai 2010
19 mai 2010
18 mai 2010

Organismes environnementaux (ONGE) participants

La Campagne internationale de conservation de la forêt boréale (projet du Pew Environment Group), Canopée, la Fondation David Suzuki, la Fondation Ivey, ForestEthics, Greenpeace, l’Initiative boréale canadienne, The Nature Conservancy et la Société pour la nature et les parcs du Canada.

Entreprises forestières participantes

Abitibi Bowater, Alberta Pacific Forest Industries, AV Group, Canfor, Cariboo Pulp & Paper Company, Cascades Inc., DMI, F.F. Soucy, Inc., Howe Sound Pulp and Paper, Kruger Inc., LP Canada, Mercer International, Mill & Timber Products Ltd, NewPage Port Hawkesbury Ltd, Paper Masson Ltee, SFK Pâte, Tembec Inc., Tolko Industries, West Fraser Timber Co. Ltd et Weyerhauser Company Limited, toutes représentées par l’Association des produits forestiers du Canada.


24 mars 2010

A workshop on spatial statistics at CRM, a biologists’ perspective
Text Josh Nowak

On March 3, 2010 I traveled with four peers from Université Laval to the University of Montreal for a conference/workshop called Statistical Methods for Geographic and Spatial Data in the Management of Natural Resources . I was excited about the talks and interacting with the attending researchers. I don’t know about the others, but for me there was a bit of a star factor. Many of the presenter’s names are not only known to me, but they are the type of people whose web pages I bookmark for fear that I might miss a paper.

Day one: Following an eye opening talk from keynote speaker Dr. Brian Klinkenberg  (UBC), statistician after statistician applied their craft showing us how to solve some amazingly complex problems. The abstracts and slides for almost all of the talks are available on the Centre de Recherches Mathématiques website.  Collectively, these talks were my first real exposure to statisticians doing research. The sessions of day one presented me with challenges, exposed me to new tools and reminded me that creativity has a place in our research. I was impressed by the fact that multiple speakers concluded by suggesting applications of their methods in other fields. For example, Patrick Simard  focused on image processing utilizing methods grounded in the same theory used to interpolate rain fall earlier in the day. The methods were applied to two different case studies, first he dealt with soil porosity and second medical imaging.

Day two: As promised day two started with a talk covering ground familiar to me, predicting species distributions. The sessions that followed covered a suite of topics from disease prediction to resource selection by animals and fire prediction. The work presented was innovative and interesting. I had arrived in Montreal completely biased towards day two and I was not disappointed. However, as I sit here reflecting on the conference I place great value on the aggregation of such diverse research interests. Often it seems that we attend conferences where the attendees are all viewing the world through the same lens, but in this case we had little in common. Thus the focus was placed on solving the problem at hand, not the biology or even the method.

I needed that, I needed to be challenged, I needed to be exposed to other ways of approaching research projects, I needed to get out of my own head and out from behind my desk. The conference was a great example of the positive results that can come from bridging the seemingly cavernous gaps between different fields of research.

17 mars 2010

4e Colloque du CEF : tout un succès!
Texte et photos par Mélanie Desrochers

Les 12 au 14 mars avril derniers, le CEF organisait sont 4e Colloque annuel à l'Hôtel Chéribourg à Orford. Plus de 190 personnes, membres et non membres du CEF ont participé à l'événement. Tous sont en accord pour dire que c'était un des meilleurs colloques jusqu'à date!

Le tout a commencé avec un débat sur le thème Est-ce que les plantations ont un rôle dans l'aménagement écosystémique? Christian Messier, Brian Harvey, Alison Munson et Louis Bélanger ont échangé points de vues et opinions, le tout modéré par André Desrochers. L'auditoire a pu participer au débat en émettant leur propre opinion sur la question. Bien qu'aucun consensus n'en soit dégagé sur comment le faire, tous étaient favorables à la présence des plantations dans l'aménagement forestier durable.

Samedi et dimanche la journée a débuté avec la présentation de 9 des 10 nouveaux chercheurs réguliers, en plus de notre chercheur invité, Holger Lange. Chacun a pu présenter l'ensemble de ses travaux de recherche et ce, devant une salle comble de près de 200 personnes! Nos nouveaux chercheurs ont impressionné la galerie!

Suite aux présentation étudiantes, c'était au tour de Peter B. Reich , de l'Université du Minnesota, de venir nous entretenir de ses principaux travaux de recherche. Avec ses nombreuses publications dans Science et Nature, c'était de la grosse gomme! Il en a notamment inspiré plusieurs avec son grand dispositif mis en place pour déterminer les impacts de la hausse de température sur l'écophysiologie des plantes.


Session d'affiches

Suite à la séance d'affiches où plus de 40 auteurs ont pu échanger sur leurs projets de recherche, une session intense d'hockey cosom a captivé une trentaine de sportifs amateurs.

Notons que la course amicale du CEF, mieux connue sous l'appellation Fun Run a réuni huit membres actifs et matinaux, soit le double de la participation de l'an passé!

En ce qui a trait à l'encan silencieux de photos pour le Projet Forêt Côte-Ouest, les étudiants ont réussi à ramasser tout près de 400 $ grâce à vos dons. Merci à tous!


Le lauréat Maxime Allard

À la fin du Colloque, une belle surprise attendait les participants : de la tire sur la neige! En effet, la remise de prix a permis à tous de se sucrer le bec pendant que le directeur annonçait les gagnants:

  • Meilleure présentation orale | vote du jury
    • Maxime Allard | UQAM | Les habitats résiduels : des milieux de reproduction favorables à un oiseau associé aux forêts matures?

Maxime se mérite un abonnement d'un an à la revue ainsi que l'opportunité d'écrire un article vulgarisé dans Le Couvert Boréal . De plus, il reçoit une bourse de 300 $ versée par le CEF. Le comité organisateur tient à remercier chaleureusement les membres du jury qui ont fait un excellent travail.


Devant l'affiche gagnante
  • Meilleure présentation par affiche | vote du public
    • Paméla Garcia-Cournoyer | Université Laval | La vie après la coupe, qu'en est-il pour les petits mammifères et le lièvre?

Paméla se mérite 150 $, un abonnement d'un an à l'Institut forestier du Canada  et au magazine Progrès Forestier , ainsi que la parution de sa photo et du résumé de son affiche dans la partie « Nouvelles des sections » du Forestry Chronicle. De plus, une copie du livre « Des feuillus nobles en Estrie et au Centre-du-Québec : guide de mise en valeur » et un abonnement d'un an à la revue « Le progrès forestier » avec la possibilité d'écrire un article dans la revue est offert par l'Association forestière des Cantons de l'Est (AFCE).

Finalement, le GROS prix de présence, tant convoité et offert par la Sépaq , était un forfait pêche en plan européen, d'une durée de trois jours (en semaine) pour quatre peronnes, dans l'une des réserves fauniques du réseau Sépaq, d'une valeur de 1056 $ plus taxes, comprenant l'hébergement en chalet, une embarcation et les droits d'accès à la pêche.


Sylvain, le gagnant du prix Sépaq

Le grand gagnant est Sylvain Delagrange, chercheur régulier de l'UQO et à l'IQAFF. Félicitations à toi et aux chanceux qui t'accompagneront!

À la fin du colloque, on en a aussi profité pour souligner l'excellent travail de Christian Messier à titre de directeur du CEF de 2006 à 2010. Une belle carte signée par plusieurs lui a été remise pour témoigner notre grande reconnaissance. Merci à toi, Christian et bonne chance avec ta nouvelle chaire de recherche!

Pour ceux et celles qui étaient présents : Afin d'améliorer le produit pour le prochain Colloque annuel, merci de bien vouloir prendre quelques minutes pour répondre au sondage! Aussi, ne manquez pas d'aller voir les photos!

Photos du Colloque | Programme  | Sondage | Page du Colloque

Merci de votre participation et au plaisir de vous voir en grand nombre en 2011!

Le CEF tient à remercier ses partenaires financiers :


2 mars 2010

CONFOR 2010 à Thunder Bay
Texte par Sandrine Gautier-Éthier et Annie Claude Bélisle

Du 21 au 23 janvier dernier, 3 étudiants de l’UQAM, Annie Claude Bélisle, Sandrine Gautier-Éthier et Laurent Kerharo ont porté haut les couleurs du CEF lors du 24e CONFOR  qui se tenait à Thunder Bay (Ontario). Pour cette occasion, ils présentaient tous trois des affiches illustrant leurs projets respectifs.

Les étudiants ont eu la chance de partager leurs expériences avec des collègues d’universités de l’Est du Canada et d'échanger sur les problématiques propres à leurs régions, dans une ambiance détendue et conviviale.

Les sujets présentés allaient de la foresterie autochtone au bois énergie en passant par des projets d'écologie végétale et animale. Les présentations et les affiches ont fait l'objet d'un vote du public, dont voici les résultats :

  • Meilleure présentation orale - Zachary Long (Lakehead University)
  • Poster – 1er - Joel Symonds (Lakehead University)
  • Poster – 2e - Sandrine Gautier-Éthier (UQAM) et Sonya Richmond (Université de Toronto)

À noter que pour la prochaine édition du CONFOR, nos collègues de Chicoutimi (UQAC) prendront la relève. Souhaitons leur du courage pour la préparation, et autant de succès que leurs prédécesseurs !


17 février 2010

Le CEF lance et compte!
Texte par Mélanie Desrochers, photos de Conny Garbe, Emmanuelle Fréchette et Nicolas Fauvart

Le 12 février dernier, une délégation de 43 membres du CEF se sont donné rendez-vous à l'Auditorium de Verdun pour assister au match d'hockey junior majeur opposant le Junior de Montréal  aux Foreurs de Val d'Or . Cette activité a attiré nombreux étudiants étrangers provenant d'Algérie, de France, d'Autriche, de Belgique, d'Espagne, d'Allemagne et du Plateau Mont-Royal.

Malgré la défaite du club local au compte de 3-2, nous avons été témoin d'un match enlevant. Pour certains, l'attrait de la poutine et des hot-dogs était plus grand que le match comme tel! Certains ont même eu la chance de gagner nombreux prix de présence (sac à dos, bonbons et becs de mascotte!). Mathieu Neau, stagiaire arrivé au CEF il y a quelques semaines seulement, a même décrit son expérience "typiquement québécoise" dans son blog aggrémenté de photos . Intéressant de voir une partie d'hockey du point de vue d'un étranger!

La soirée s'est poursuivie au Karaoké de Pointe-St-Charles où plusieurs ont démontré leurs talents artistiques (l'auteur a préféré vous faire grâce des photos prises à cette heure tardive de la nuit!).

Un gros merci à tous pour cet immense succès de participation!

Cliquez sur chaque image pour l'agrandir.


On pratique la vague dans le métro

La section CEF

La section CEF en feu!

Des fans finis

Go Junior!

Snoro, la mascotte

La poutine!

Enrique et son souvenir

9 février 2010

Le CEF en visite au Gabon!
Texte par André Desrochers et Pierre Racine

Dans le cadre d’un atelier international sur le thème « Nouer les liens entre l’écoagriculture, l’écoforesterie, les changements climatiques et la biodiversité », 4 chercheurs du CEF ainsi que quelques autres professionnels et enseignants de l’Université Laval ont entamé l’année 2010 directement sur l’équateur, à Libreville, Gabon. Cet atelier, organisé conjointement par l’École Nationale des Eaux et Forêts (ENEF, Gabon)  et l’Université Laval, avait pour buts d’offrir une formation sur l’écoforesterie, l’écoagriculture avec comme trame de fond les changements climatiques. Cet atelier visait particulièrement des chercheurs et enseignants impliqués en enseignement supérieur en foresterie dans la région du Bassin du Congo. Il nous a permis de faire avancer le projet d'appui à la formation en gestion de ressources naturelles dans le bassin du Congo (FOGRN) piloté par Damase Khasa, visant à intégrer du matériel pédagogique en ligne aux programmes actuels et en développement destinés aux futurs ingénieurs forestiers de cette région.


Au Parc National de la Lopé.
De gauche à droite: André Desrochers, Suzanne Allaire, professeure à
la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation (UL),
Christian Messier, François Marquis, chargé d'enseignement au
département des sciences du bois et de la forêt (UL), Mélie Monnerat,
conseillère sous-régionale pour le projet FOGRN, Patrice Dion,
professeur au département de phytologie (UL) et Alison Munson.
Dans la boite du camion: Marie-France Gévry,
coordonnatrice du projet FOGRN.

Christian Messier a offert une présentation stimulante faisant le point sur l’aménagement forestier durable. Alison Munson a offert une vision critique et originale de l’aménagement écosystémique. André Desrochers a résumé les recherches récentes portant sur les effets des changements climatiques sur la faune forestière et Pierre Bernier  a parlé de la mitigation et de l’adaptation en milieu forestier en ces temps de changements climatiques…. Les présentations de nos chercheurs ont suscité beaucoup d’intérêt et de nombreuses questions de nos collègues africains; espérons qu’ils ajouteront le CEF dans les Favoris de leurs fureteurs Internet!


André en weekend à la pointe Denis.

Bien sûr, une visite au Gabon n’aurait pas été complète sans une petite tournée en nature… Dès l’arrivé, après un voyage de 15 heures d’avion, vos valeureux collègues se sont ainsi précipités dans un train de nuit pour aller prendre le pouls de la forêt Gabonaise et de ses étranges espèces végétales et animales, le tout bien arrosé de bière pour se garder au frais bien sûr! Ainsi, après 6 heures de train, le Parc National de la Lopé n’a pas déçu ses visiteurs québécois, avec moults paysages féeriques, des oiseaux endémiques et quelques rencontres avec les vedettes locales, les éléphants de forêt, cousins en format réduit de l’éléphant de savane, mais à tempérament plus fougueux, à éviter autant que possible lors des randonnées en forêt…


L'ENEF au Cap Estérias à
une heure de Libreville.

La journée de notre retour au Canada, Pierre Racine arrivait pour assurer la réalisation d’un autre volet du projet de Damase. Il est venu passer deux semaines avec les gens de l’ENEF afin de les initier à la construction d’un site web collaboratif pour le Réseau des Institutions de Formation Forestière et Environnementale de l'Afrique Centrale  (RIFFEAC). Basé sur la même technologie que le site web du CEF (un wiki), le site web du RIFFEAC, encore en construction, devrait permettre à ses 12 institutions membres et distribuées dans toute l’Afrique Centrale de diffuser une information générée localement et donc plus à jour, dynamique et de meilleure qualité.

Autre visiteur à noter, même s’il n’est pas membre du CEF, Michel Beaudoin , directeur du programme coopératif en génie du bois au département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval, a également passé 15 jours avec les gens de l’ENEF afin de les aider à développer un programme de formation en transformation du bois. Son rapport devrait être disponible bientôt.

Bref, un séjour productif et riche en souvenirs inoubliables qui, nous l’espérons, ouvrira de nouvelles perspectives de rayonnement pour notre CEF! Plus de détails auprès de vos collègues lors du colloque annuel du CEF qui approche à grands pas…

21 décembre 2009

Global Change in Harsh Environments Workshop - 9-11th of December 2009, Coyhaique, Chile
Texte par Sébastien Renard

Dr. Alex Fajardo and Dr. Frida Piper, of the Centro de Investigación en Ecosistemas de la Patagonia (CIEP), organized a workshop on Global Change in Harsh Environments at Coyhaique in Patagonia, Chile. The aim of this workshop was to get together researchers, international as well as South Americans and to create research interactions. It is commonly accepted that climate changes have an impact on ecosystems, but those effects are accentuated in harsh environment. The workshop was held in Coyhaique, in the North Patagonian part of Chile, where, as a reminder of the climate changing, we had an extraordinary weather for this habitually cold region. During this workshop, scientists working at different scales and in different harsh environments presented their research, results and further interrogations, which stimulated discussions during coffee breaks.


Patagonian Landscape

Chile, the “linear country” is a country of extreme conditions: from the Altiplano in the North with the Atacama Desert to La Tierra del Fuego in the south with its glacier fields, and the gradient of elevation with the high altitude environments in the Andes Mountains, Chilean ecosystems present a wide range of environmental gradients.

Dr. Patricio Aceituno, from Universidad de Chile and Humboldt Medal awarded, started the conference by presenting us the Chilean climate, strongly influenced by the ENSO (El Niño Southern Oscillation) and the Pacific Decadal Oscillation. He described us the climatic trends forecasted for Chile, recent evolutions the climate of the last century and some extreme climatic events of the 19th century. Dr. Thomas Kitzberger, from Universidad del Comahue in Argentina, presented us some effects of climate change on ecosystems key processes like tree demography and disturbance regime. Extreme droughts frequency cause massive mortality and can change forest composition. Also extreme warm drought allowing fires to spread to in non-fire evolved forests, like high elevation Nothofagus forests.

Part of the workshop was oriented on the ecophysiological limitations of plant in harsh environments, and Dr. Ana Sala from University of Montana presented some explanations of global changed induced tree mortality. She explained the physiological effect of drought on plants, like the cavitations effect. She highlighted that some fundamental mechanisms of plant physiology are still unknown such as the phloem physiology. The Andes Mountains are also a land of glacier, and the glacier reduction induced by the climate evolutions has been a great opportunity for Dr. Irene Garibotti, from Mendoza’s Instituto Argentino de Nivologia Glaciologia y Ciencias Ambiantales (IANIGLA) in Argentina, to study primary succession mechanisms and plant community in the Argentineans Mountains.

Harsh climate such as those found in the alpine environments of the high mountains of the Andes allowed Dr. Lohengrin Cavieres, from Universidad de Concepción Chile, to experiment on plant limitations and further develop the concept of facilitation, the positive interactions between species which is an important factor in plant ecology in those extreme environments.


Experiment device

Dr. Günter Hoch, from Basel University, Switzerland, presented us the Growth limitation hypothesis to explain the global phenomenon of climatic alpine treelines. From a global perspective, a striking similarity of the mean temperature of the growing season (6.4 ± 0.9°C) has been found in the upper treeline in mountain areas all over the world. Nonetheless, Dr. Hoch showed that there is still accumulation of carbon at the alpine treeline and therefore the growth reduction might be a sink limited phenomenon of plant physiology. Dr. Hoch reminded us that this hypothesis state for the cold climate boundary of treeline, as it exists a wide variety of treelines (due to drought, soil, topography…). To bring back the debate about treeline formation on the Chilean perspective, Dr. Alex Fajardo from CIEP, presented us his studies of the Nothofagus pumilio (Lenga) around Coyhaique, where he shows that drought can mask the growth limitation effect, indicating that local climatic factors can alter carbon balance. Dr. Fajardo is also interested in the mechanistic explanation of the change of plant life form at the treeline ecotone, from tree to shrub to low plants. The hypothesis is that the plant growth form, and thus the size, is coupled with the temperature near ground which is warmer.

In harsh environments, recruitment is a critical stage in ecosystems. Dr. Frida Piper, limitations from CIEP, is particularly interested in seedling physiology limitations. She presented her work on lenga seedlings using open top chambers to simulate an increase of temperature due to climate warming, which shows interesting results on interaction of warmer temperature and lower humidity.

Dr. Matthew Germino, from Idaho State University, presented his work on physiological limitation and treeline ecology in the Rocky Mountains of USA. His aim is to describe plant community dynamics at the upper treeline using physiological limitations. His work on seedling establishment and tree life forms showed that net thermal radiation and the radiation frost is critical for seedlings and that tree island formation is decisive in the treeline dynamics.

The alpine treeline dynamics in the Andes Mountains has been presented by Dr. Ana Srur, from IANIGLA in Argentina, where different trend are observed between north and south Patagonia forests, but generally growth seems to be partially correlated to spring and early summer temperature.

Finally, Dr. Bravo Leon from Universidad de Concepción, presented us the vascular plants of Antarctica (there is only 2 species), their adaptation to those extreme conditions like anti-freeze proteins preventing the clustering of ice crystals in the cells, and the effect of warming observed in the Antarctica Peninsula.


Npum Forest

Another objective of the workshop was to show us some Patagonians ecosystems. We went to the National reserve of Cerro Castillo to discover Nothofagus pumillo forests, some of Dr. Piper and Dr. Fajardo experiments, and enjoy the scenic landscapes of the Aysen region. After observing and discussing some experimentation, we appreciated a local meal, the famous “Lomo del poble”. In order to finish the trip with even more local flavour, Dr. Fajardo brought us to the local brewery of Dolbek, for a beer degustation.


Experiment device
This workshop was a great success, permitting to scientist from different countries and regions to confront their ideas and elaborate new research projects, all this in a convivial ambience. All this would not have been possible without Dr. Fajardo and D. Piper, the CIEP and also the help of the CONICYT and the Chile government. As a final word, I want to thank Dr. Eliot McIntire, whom, as he could not attend the workshop, gave me this great opportunity to participate to this event where I learned a lot and enjoyed the company of brilliant and really sympathetic researchers.

15 décembre 2009

How remote-sensing is used to monitor forestry cover
Texte par Mélanie Desrochers

"Armed with vivid images from space and remote sensing data, scientists, environmentalists, and armchair conservationists are now tracking threats to the planet and making the information available to anyone with an Internet connection. " This is how a complete Yale 360 article on the subject of satellite use for forestry cover starts.


Landsat image revealing "fishbone" deforestation
along roads in the Brazilian Amazon

From tracking new biodiversity hotspots, assessing "real-time" deforestation in the Amazone, tracking threats to pristine rivers from hydroelectric projects, cataloguing endangered species, remote sensing has never been more "user friendly" through mostly free data access and Google Earth tool. "The spread of satellite technology — and related computer applications such as Google Earth — are changing the way scientists, conservationists, and ordinary citizens are monitoring the environment and communicating their findings to the public. " (Yale 360)

"The first launch of a non-weather satellite for civilian use occurred in 1972, when NASA put Landsat into orbit to monitor the planet’s landmasses, tracking everything from desertification to changes in agriculture. Since then, ever-more sophisticated satellites have used cameras and a variety of sensors — including passive microwave, which can penetrate clouds to image the earth’s surface, and infrared sensors that can measure temperatures — to monitor a host of physical processes." (Yale 360)

"Introduced in 2005, Google Earth — which can be downloaded for free — aggregates and organizes satellite imagery, aerial photography, and three-D global information system data from a range of sources and presents it in a format that is easily accessible to the general public. Many scientists have begun to adapt Google Earth technology to their research and their communications with the public. The technology also has emerged as an effective way to publish scientific results in an accessible and meaningful format. While Google Earth is not going to replace scientific journals, it offers a concise, visual format for presenting research that can be more compelling than data points on a chart, rows in a spreadsheet, or a 4-color map." (Yale 360)

Presently optical sensing can do a reasonably good job distinguishing between cleared forest and natural forest—assuming cloud cover is minimal, a big assumption in the tropics. It does less well identifying and distinguishing between recovering forests, selectively logged forest, tree plantations, and degraded forests. New active sensing technologies, like cloud-penetrating radar and LIDAR, may change this. Some of these technologies may allow scientists to directly measure biomass in dense forests—currently many sensing technologies are limited by their tendency to "saturate" at a threshold well below the actual biomass in such forests. (Mongabay1) Active sensing—which sends out pulses of energy and reads the radiation that bounces back to the sensor—can provide detailed information about Earth’s surface, including the structure of a forest or the distinction between secondary and primary forest. (Mongabay1)


This 3-D image shows an invasion (red-pink trees)
into a protected forest reserve (blue-green trees)
in lowland rainforest. (CAO)

At CEF-CFR, Benoit St-Onge is conducting a lot of challenging research on the use of LIDAR. Recently, all the Lake Duparquet Research and Teaching Forest (FERLD)  in Abitibi-Témiscamingue has been criss-crossed by plane to obtain a complete LIDAR cover. This one-meter resolution survey gives the opportunity to address questions at the tree scale!

"A new frontier for remote sensing is the emergence of REDD (Reducing Emissions from Deforestation and Degradation), a mechanism for compensating tropical countries for conserving their forests. To date, one of the biggest hurdles for the concept has been establishing credible national baselines for deforestation rates — in order to compensate countries for "avoided deforestation," officials must first know how much forest the country has been clearing on a historical basis. For the remote sensing community, REDD presents an opportunity to showcase the power of remote sensing and generate a source of funding for countries to improve their sensing capabilities." (Yale 360) | New Eyes in the Sky: Cloud Free Tropical Forest Monitoring for REDD 

Catherine Potvin and her lab colleagues, all CEF-CFR members, are helping the Panama government to identify actions to reduce and avoid deforestation (through the REDD mechanism). "The work carried out in cooperation with Panama indigenous groups focuses on conservation of plants used in a traditional way and on sustainable land uses", explains Dr. Potvin. A detail of her work on REDD can be found online .

"But researchers are using remote sensing of forests for more than monitoring forest loss. Greg Asner of the Carnegie Institution's Department of Global Ecology at Stanford University, has developed advanced applications for processing data generated by a wide range of sensors, including Carnegie’s state-of-the-art Airborne Observatory (CAO), which uses a combination of technologies aboard high-altitude aircraft to create high-resolution, three-dimensional maps of vegetation structure. These maps can be used to detect small changes in forest canopy structure from selective logging, measure biomass in dense tropical rainforests (presently limited due to “saturation” in carbon-dense ecosystems), and even distinguish between individual plant species, including invasive species. Asner’s group recently won grants from the Gordon and Betty Moore to expand upon CLASlite—a desktop monitoring application that enables conservationists anywhere to measure forest biomass and deforestation—and to develop its spectranomics project. This project has the potential to inventory biodiversity across 40,000 acres of rainforest per day by detecting the chemical and spectral (light-reflecting) properties of individual plant species across a diverse landscape. (Mongabay1)


Deforestation in Rondonia, Brazil, from 1975 to 2001.
Landsat images courtesy USGS.

Meanwhile, Holly Gibbs, a researcher at Stanford University, recently used remote sensing data to evaluate shifting patterns of tropical deforestation. She found that 80 percent of agricultural expansion since the 1980s came at the expense of forests. “I recently analyzed the Landsat database created by the UN FAO to estimate the probable land sources for expanding croplands,” she told mongabay.com. “I was also able to consider changing patterns of agricultural expansion during the 1980s and 1990s and demonstrate that the amount of cropland expanding into forested areas, rather than grassland or previously disturbed forests, is increasing. Documenting changing patterns in land use is becoming increasingly important as we see mounting demands for global food, feed, and fuel, highlighting the importance of continuing the longtime history of Landsat into coming decades.” (Mongabay1)


Deforestation data from INPE

Gibbs says increased accessibility has been key to wider use of satellite data. “Satellite data is becoming increasingly accessible to everyone from a local park ranger to scientists at major universities, opening the door to more diverse analyses,” she said. “The creation of ‘free’ global Landsat mosaics, for example, is a major push for initiatives to Reduce Emissions from Deforestation and Degradation [REDD] across the tropics that rely on what used to be very costly data.” (Mongabay1)

A review of different approaches to Mapping and monitoring carbon stocks with satellite observations has been published by Goetz et al. 2009 .

References & Links


11 décembre 2009

Des présentations étoffées au 11e colloque de la Chaire AFD
Texte par Marie-Eve Sigouin

Le 9 décembre dernier, se tenait le 11e colloque annuel de la Chaire AFD au centre des congrès de Rouyn-Noranda. Près de 120 personnes ont assisté aux conférences des étudiants à la maîtrise et au doctorat qui ont profité de l’occasion pour présenter leurs plus récents résultats de recherche en écologie, foresterie et autres sujets connexes.


Ugo, le gagnant du Cône d'Or 2009

Lors de l’évènement, les participants ont eu droit à des présentations particulièrement étoffées qui ont été données dans un langage accessible à tous. Les conférenciers ont certainement valorisé le fait que la Chaire AFD a à cœur de bien vulgariser les résultats de recherche afin que ceux-ci soient compréhensibles tant par les spécialistes que les non initiés. En collaboration avec l’Association forestière de l’Abitibi-Témiscamingue, un jury composé d’intervenants forestiers a remis le Cône d’Or à Ugo Ouellet-Lapointe pour sa présentation « Pics-bois cherchent domicile dans forêt aménagée ». Le coup de cœur du public est allé à Caroline Trudeau pour sa présentation particulièrement originale « Où se trouve le grand Polatouche?».


Caroline, la gagnante du coup de cœur
du public 2009

Lors de son allocution, M. Yves Bergeron, titulaire de la Chaire AFD, a réitéré son engagement à poursuivre les activités de transfert, malgré le fait que le financement à cet égard soit de moins en moins évident à trouver. Le colloque a été l’occasion de dévoiler 3 nouvelles notes de recherches qui sont disponibles gratuitement sous l’onglet « publications » du site internet de la Chaire AFD .


Annie-Claude, la gagnante de
la meilleure affiche 2009

Nouveauté cette année : les participants étaient invités à discuter directement avec les auteurs des recherches lors d’une session d’affiche. Tant les étudiants que les participants ont apprécié cette formule qui sera certainement de retour dans les prochains colloques! Annie-Claude Bélisle a ainsi reçu le prix pour la meilleure affiche pour son document intitulé « L’historique des feux pour un aménagement durable de la forêt du nord du Lac St-Jean ».

L’édition 2009 de ce colloque a été un franc succès et les organisateurs sont particulièrement fiers du travail de qualité accompli par les étudiants dans le cadre de cette activité de transfert technologique majeure.


3 décembre 2009

Une subvention de 500 000$ est accordé à des chercheurs de la Chaire AFD pour un projet de recherche sur le peuplier faux-tremble en collaboration avec Norbord
Texte par Marie-Eve Sigouin

Rouyn-Noranda – 2 décembre 2009. Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) accorde 500 000$ sur 3 ans aux chercheurs Yves Bergeron (UQAT-UQÀM) , Francine Tremblay et Annie Desrochers (UQAT) Francois Lorenzetti (UQO) et Frank Berninger (UQÀM) afin de mener un projet visant à mieux comprendre les relations entre les régimes de perturbations, le climat, la croissance et la dynamique du peuplier faux-tremble au Canada.

Ce projet s’effectuera en collaboration avec l’entreprise Norbord qui participera à la mise en place d’un essai sylvicole avec suivi de la régénération dans des peuplements de tremble en sénescence dans la région d’Abitibi-Témiscamingue. Tembec , le Consortium OURANOS et le MRNFQ sont également partenaires du projet.

Suite au passage de la récente épidémie de livrée des forêts, on observe un dépérissement de grands peuplements de peuplier. Les industriels forestiers font face à des décisions sans précédents vis-à-vis l’aménagement de ces peuplements et cela les poussent à vouloir développer des méthodes sylvicoles alternatives à la récupération systématique. Le projet vise à modéliser la réponse de cet écosystème forestier au climat et aux perturbations et à proposer des stratégies permettant aux aménagistes de s’adapter à la situation.

Cette subvention est accordée dans le cadre du programme de projets stratégiques qui vise à accroître la recherche et la formation dans des domaines ciblés propres à améliorer de façon appréciable l’économie, la société ou l’environnement du Canada au cours des dix prochaines années.


23 novembre 2009

J. André Fortin : chercheur depuis 50 ans et toujours passionné.
Texte par Louis Bernier


J. André Fortin-Photo: M. Lamhamedi

Les membres du CEF ont tenu à souligner, vendredi dernier le 13 novembre à l’Université Laval, les 50 ans de carrière de J. -André Fortin dans le monde de la recherche scientifique. Devant un auditoire attentif où l’on comptait plusieurs générations d’étudiants nouveaux et anciens, des collègues de travail, des professionnels et techniciens, et même un professeur ayant jadis enseigné au Dr Fortin, ce dernier a brossé un bref portrait de l’ensemble de sa carrière scientifique et réitéré sa conviction (avec de nombreux exemples à l’appui) quant au rôle fondamental des symbioses dans l’évolution de la vie sur terre. Cet exposé scientifique a également été complété d’un volet plus appliqué, notamment à la suite d’une intervention d’un participant oeuvrant dans l’industrie, qui a souligné l’impact économique de l’expertise développée au Québec sur les inoculants mycorhiziens. Le Dr Fortin est aussi le premier MEMBRE ÉMÉRITE du CEF, félicitations!


"J-A"-Photo: M. Lamhamedi

Celles et ceux qui connaissent « J-A » savent que, bien qu’officiellement retraité depuis quelques années, il demeure très impliqué dans l’étude des symbioses racinaires et le développement de la mycologie au Québec. L’événement tenu vendredi dernier a également été l’occasion de constater l’intérêt que porte le Dr Fortin (et plusieurs autres chercheurs de sa génération) à l’endroit de la relève scientifique, notamment par le biais de la mise sur pied d’un fonds en vue de l’attribution de bourses à des étudiants en mycologie forestière. De plus, M. Fortin et Mme Yolande Dalpé (chercheure à Agriculture et Agro-alimentaire Canada) ont profité de l’occasion pour remettre à Mme Edith Hammer, de l’Université de Lund en Suède, la médaille John Laker Harley de l’International Mycorrhizal Society, à titre de jeune chercheure exceptionnelle.

20 novembre 2009

Nos ressources naturelles : par qui, pour qui?
Texte par Mélanie Desrochers

Les 12 et 13 novembre derniers, l'Association des biologistes du Québec  (ABQ) organisait son 34e congrès annuel à Ste-Foy sous le thème Nos ressources naturelles : par qui, pour qui?. Lors de l'événement, deux thèmes étaient particulièrement abordés, soit la forêt et l'eau.

En ouverture, plusieurs allocutions ont captivé l'auditoire. D'abord, une présentation de Léopold Gaudreau, sous-ministre au Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. M. Gaudreau a notamment confirmé l'engagement du gouvernement de protéger 12 % du Québec d'ici à 2015. De plus, il a mis l'emphase sur le fait que la biodiversité a un prix, c'est un capital monnayable et certainement pas gratuit. Ensuite, une présentation très dynamique de Marc Luyckx Ghisi. Directement venu d'Europe, M. Ghisi a parlé de la mouvance vers une gouvernance politique et économique soutenable. Il a permis aux participants de prendre du recul sur la biologie et de voir dans quel contexte économique et dans quel paradigme notre société est encrée. Selon lui, le Québec est bien parti en matière de gouvernance soutenable, où la connaissance est à la base du système (et non la ressource). On peut visiter son blog  pour en savoir d'avantage. Par la suite, M. Olivier Boiral, professeur d'économie à l'Université Laval nous a entretenus sur la responsabilité sociale et le développement durable. Lui aussi se questionne sur la fin de ce qu'il appelle "l'économie cowboy" (modèle économique classique). Finalement, Jérôme Dupras, membre du groupe Les Cowboys Fringants, a présenté les œuvres de leur fondation , ainsi que les engagements entrepris par le groupe pour diminuer leur empreinte écologique lors de leurs tournées.

À l'intérieur du thème forêt, les présentations ont traité grandement d'aménagement écosystémique. Le CEF était bien représenté, puisque Louis Bélanger et Nelson Thiffault ont parlé de l'expérience du projet-pilote d'aménagement écosystémique dans la Réserve faunique des Laurentides, alors qu'Yves Bergeron a parlé de ses travaux sur le même sujet mais en Abitibi. En somme, il semble que le projet pilote dans les Laurentides soit un grand succès et que ce type de gestion forestière pourrait s'appliquer à la grandeur du territoire québécois. Notons aussi qu'un bilan a été dressé par Claude Dussault (MRNF), sur la situation du caribou forestier au Québec et des différents projets en place pour son rétablissement (rappelons que le caribou forestier est une espèce vulnérable au Québec).

Durant le cocktail, quelques étudiants du CEF présentaient leurs résultats dans la session d'affiches, dont Guillaume Bastille-Rousseau "Prédation de l'ours sur les jeunes cervidés : recherche active ou rencontre fortuite?" et Pamela Garcia Cournoyer "Régénération artificielle du sapin baumier à ANticosti : se démarquer de la masse ou adapter un profil bas?.

Lors de la plénière, le sujet abordé était la gouvernance de l'eau et de la forêt. Selon Louis Bélanger qui participait au panel, "la gestion participative est enclanchée, le virage est en cours. Mais il manque de sérieux dans sa gouvernance. Peu de soutien de la part de gouvernement est offert aux organismes et groupes de citoyens qui doivent prendre part au processus". Pour Yves Bergeron, invité lui aussi sur le panel, "la régionalisation de la gestion des ressources sera lourde à porter par le milieu. Il faut régionaliser aussi la connaissance et offrir du support aux gens".

À l'aube du nouveau régime forestier, nul ne doute de l'importance de la gouvernance dans ce virage régional de la gestion des ressources. Reste à voir si les acteurs seront assez outillés pour répondre aux grands débats qui seront sans doute soulevés par les différents intervenants...


30 octobre 2009

La recherche scientifique dans le réseau des parcs nationaux du Québec
Texte par Hermann Frouin

La Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq)  organisait, les 27 et 28 octobre dernier à la Station touristique Duchesnay , son premier colloque. Intitulé « Colloque sur la recherche scientifique dans le réseau des parcs nationaux : la connaissance au service de la conservation » , cet évènement avait pour raison d’être la valorisation des travaux de recherche réalisés dans les parcs depuis la création, il y a 10 ans, de la Sépaq. Mais ce colloque avait également pour vocation de stimuler les échanges et favoriser le développement de collaborations à venir, en étant, avant tout, un lieu de rencontre convivial, d’échanges enrichissants et de réseautage.


Pierre Drapeau

La journée du mardi et la matinée du mercredi ont été consacrées à faire connaître les travaux de recherche scientifique réalisés dans les parcs depuis 10 ans. Pour donner une idée, entre 2004 et 2007, quelque 538 projets d’acquisition de connaissances de toutes sortes ont été réalisés dans les parcs québécois. Les présentations offertes ont permis de mettre en lumière la contribution des projets de recherche en matière de conservation, de protection et de mise en valeur du patrimoine naturel des parcs. Elles ont touché à un large éventail de sujets allant de la paléontologie à la pollution lumineuse, en passant par la géomorphologie, l’écologie aquatique, la faune, la flore, l’intégrité écologique ou l’archéologie.


Yves Aubry

Au final, ce ne sont pas moins de 19 chercheurs et professionnels reconnus qui ont été invités à exposer les résultats de leurs travaux de recherche ; et parmi eux, 2 membres du CEF. Pierre Drapeau s’est attardé sur les « Changements dynamiques de la faune dans les écosystèmes forestiers brûlés du parc national des Grands-Jardins. », relatant les travaux de Antoine Nappi (projet de Ph.D), Michel St-Germain (projet de M.Sc.) et Maxim Larrivée (projet de M.Sc.). Quant à Yves Aubry, du laboratoire d’André Desrochers, il s’est employé à dresser un portrait de la situation de la Grive de Bicknell au Québec, à travers sa présentation intitulée « La Grive de Bicknell, où en sommes-nous ? ».


Grive de Bicknell (photo du labo Desrochers)

Il est à noter que chacune des communications présentées s’est traduite par la rédaction d’un article original ; l’ensemble des articles a, par la suite, été compilé pour produire un numéro spécial du Naturaliste canadien , portant exclusivement sur le colloque.

La dernière demi-journée a été vouée à des échanges sur l'avenir de la recherche dans les parcs nationaux. Les participants ont exploré les avenues de développement de partenariats scientifiques entre les parcs et les universités et autres institutions. Nul doute que cet évènement majeur pour la communauté scientifique, les professionnels et les gestionnaires intéressés par la recherche dans les parcs a permis de créer des occasions de réseautage afin de multiplier les partenariats de recherche, améliorer les connaissances et amender le niveau de conservation dans les parcs.

Hermann Frouin a pu participer à ce Colloque grâce à la participation financière du CEF par son programme de bourses de congrès et de stages


9 octobre 2009

The Wildlife Society Annual Conference - Monterey 09
Texte et photos Guillaume Bastille Rousseau, Sabrina Courant et Nicolas Courbin


Colonie d’otaries de Californie à l’entrée
du port de Monterey

C’est du 19 au 24 octobre 2009, dans l’envoûtante ville de Monterey en Californie, rendue célèbre par l’écrivain John Steinbeck et par ses colonies d’otaries de Californie, que s’est tenue la 16ieme conférence internationale de la "Wildlife Society". Cette conférence regroupait plus de 800 chercheurs, gestionnaires et étudiants intéressés par les enjeux reliés à la gestion de la faune. Le tout se déroulait au luxueux "Monterey Conference Center". Guillaume Bastille Rousseau, Sabrina Courant et Nicolas Courbin, tous trois étudiants dans le laboratoire de Daniel Fortin (Université Laval), y ont présenté leurs travaux de recherche.

La conférence touchait plusieurs thématiques en lien avec l’écologie et la gestion des mammifères, des oiseaux, des reptiles et des poissons. Plusieurs symposiums proposaient également des thèmes traitant d’une part de la conservation animale en lien avec des aspects socioéconomiques ou les réchauffements climatiques, et d’autre part des discussions ciblées sur des espèces ou groupes taxonomiques particuliers. La conférence s’est terminée par une journée de groupes de travail, portant là encore sur divers sujets. Sabrina a eu l’occasion d’améliorer sa technique de révision d’articles en participant au groupe de travail qui s’intitulait «Conducting effective peer reviews for manuscript submissions».

Sabrina et Guillaume ont présenté leurs travaux dans la section Ecology and Habitat Relationship of Mammals tandis que Nicolas présentait dans la section Conservation of Communities, Ecosystems and Landscapes.

Sabrina a exposé les principaux résultats de son premier chapitre de doctorat. Malgré le fait que sa présentation était la première de la journée, le public était bien présent et intéressé à en apprendre davantage sur les effets de voisinage et les décisions d’approvisionnement des bisons des plaines. Espèce charismatique mais aussi problématique en Amérique du Nord, sa présentation a soulevé des questions intéressantes avec d’autres chercheurs et membres de tribus autochtones. Ce fut une expérience des plus agréables.

Guillaume présentait le premier chapitre de ses travaux de maîtrise. Il a présenté ses résultats sur le comportement de prédation de l’ours sur les faons de cervidés devant une assemblée des plus intéressées et plutôt volumineuse. Il a expliqué comment le comportement de recherche de l’ours pour la végétation pouvait augmenter sa probabilité de rencontrer des faons de cervidés, et cela sans nécessairement les rechercher.

Nicolas a présenté son premier chapitre de doctorat traitant de l’impact de l’aménagement de l’habitat du caribou forestier sur les interactions loup-caribou, dans le secteur de l’île René Levasseur sur la Côte-Nord. Nicolas a retenu une question des plus pertinentes venant de l’auditoire à la fin de sa présentation: "Voilà, je suis intrigué par la géologie en ce moment et je voudrais savoir comment se nomme l’impact météoritique situé dans votre aire d’étude". Une seule réponse traversa l’esprit de Nicolas (et y resta ancrée bien entendu): "Mon anglais est-il si incompréhensible ou peut-être me suis-je trompé de congrès…".

Certaines présentations ont retenu l’attention des participants, notamment la celle de Ryan M. Nielson intitulée "Estimating habitat selection when GPS fix success is less than 100%". Il a insisté sur une nouvelle précaution à prendre lors de l’analyse de données GPS. Le succès des localisations GPS est dépendant de la nature du couvert forestier, et ceci peut engendrer des biais dans l’estimation des coefficients lors des analyses de sélection d’habitat comme les fonctions de sélection des ressources (RSFs). Il propose une méthode statistique permettant de contrôler ce biais et a illustré sa méthode à travers un exemple avec le cerf mulet (Odocoileus hemionus). Cette amélioration de l’approche peut avoir de très importantes répercussions en conservation et en aménagement. Ces travaux ont été publiés dans un article paru dans Ecology, dont la référence est : Ryan M. Nielson, Bryan F. J. Manly, Lyman L. McDonald, Hall Sawyer, Trent L. McDonald (2009) Estimating habitat selection when GPS fix success is less than 100% Ecology: Vol. 90, No. 10, pp. 2956-2962.


Forêt de cyprès de Monterey du parc
provincial de Point Lobos

Outre les nombreuses présentations, affiches et symposiums, la conférence de la Wildlife Society a aussi eu pour but de favoriser les échanges entre ses différentes sections, ses chapitres étudiants, et ses membres; tout cela dans "un bain de conservation". Dans cette optique, la conférence débordait d’activités diverses et enrichissantes. Plusieurs sorties de terrain étaient organisées. Guillaume et Sabrina ont participé au Student Field Trip, où ont été présentés des projets de recherche en lien avec les petits mammifères et le rétablissement du condor californien. Les participants ont également visité quelques parcs et admiré les magnifiques paysages de la célèbre côte ouest de Big Sur. Un Student-Professionnal Mixer s’est également déroulé sur la plage de Monterey pour favoriser les rencontres entre les professionnels et les étudiants, tout cela dans un cadre décontracté au milieu des feux de camp et des joutes de limbo. Mentionnons aussi la réception de la section canadienne de la Wildlife Society où les échanges entre les chercheurs et les étudiants, ou entre les étudiants, ont été des plus riches et cela dans un cadre informel. Signalons enfin la magnifique réception d’ouverture qui s’est déroulée en soirée au Monterey Bay Aquarium, mondialement reconnu pour la qualité et la beauté de ses installations (cette renommée est cependant quelque peu surfaite selon Nicolas et Sabrina).


Pélican brun
La Wildlife Society est un organisme ayant plusieurs chapitres étudiants dans les universités nord-américaines. L’Université Laval vient récemment de créer son propre chapitre étudiant (contacter Nicolas Courbin pour information). Certaines activités étaient organisées spécifiquement pour les représentants de ces chapitres étudiants. Il y eut par exemple un déjeuner, où les participants ont discuté du modèle nord-américain de gestion de la faune. Trois conférenciers étaient invités pour présenter ce modèle, discuter de problématiques particulières comme la gestion des territoires privés au Texas ou les défis concernant la différence de vision entre les pays nord-américains. Le modèle constitue un élément crucial de la gestion de la faune au Canada, mais il est rarement abordé lors de notre formation. L’expérience fut donc très enrichissante. Il y a eu également d’intéressantes rencontres pour discuter de l’organisation des chapitres et des problèmes rencontrés par tout un chacun.

Côte de Big Sur
Guillaume, Sabrina et Nicolas sont donc revenus enchantés de cette conférence californienne. Leur expérience en milieu anglophone a permis de créer de nombreux liens, tant professionnels qu’amicaux. C’est pour cela que les trois étudiants tiennent à remercier leur directeur Daniel Fortin, le CEF, la chaire de recherche CRSNG-industrielle en sylviculture et faune ainsi que le département de biologie de l’Université Laval pour l’aide financière qui a rendu possible leur participation à cette conférence.

23 septembre 2009

Le pôle de Laval du CEF lance l'année 2009-2010!
Texte et photos Alison Munson

C’est jeudi le 17 septembre que le CEF-Laval a lancé l'année d'activités 2009-2010 sous un bain du soleil lors d’un party-hotdog. Les cuisiniers au BBQ ont couru sans fatigue pour nourrir une foule de chercheurs et étudiants-chercheurs ayant beaucoup d'appétit après un été chargé. Les bols de chips furent les points de rencontre des discussions philosophiques et des placotages. Qui sait qui était là finalement? Beaucoup de déguisements en lunettes fumées cachaient les vrais visages du CEF-Laval. Et oui, malgré ce qu’on peut voir sur les photos, il y a au moins 50% des femmes au CEF-Laval! Merci à tous les bénévoles et à bientôt lors des nombreuses conférences.


Marie-France, Jérome et Christian

André, Pascal et François

Giancarlo

Qui se cache derrière ces lunettes?
Un drôle d'oiseau?

Les merguez de Pierre et Eduard

Quelques membres
des labos d'André et d'Eliot

22 septembre 2009

L'Anse à l'Orme, l'Anse de la diversité!
Texte Mélanie Desrochers et photos Élise Filotas, Laurent Kerharo et Teresa Gimeno


Daniel Gagnon ou -
"Monsieur Encyclopédie du monde naturel!"

Le 17 septembre dernier, les étudiants de l'UQAM du Cours ENV7220 - Biodiversité et conservation et d'autres membres du CEF ont eu la chance d'aller sur le terrain avec Daniel Gagnon, "Monsieur Encyclopédie du monde naturel!". Cette visite enrichissante s'est réalisée dans un des "hotspots" de la biodiversité québécoise, l'un des endroits où l'on trouve le plus grand nombre d'espèces dans le sud du Québec : l'Anse à l'Orme située dans l'ouest de l'île de Montréal.

Le Parc Nature l'Anse à l'Orme  couvre une superficie de 201 ha. Il s'étend sur environ un kilomètre en bordure de l'anse qui se jette dans le lac des Deux-Montagnes et il pénètre à l'intérieur des terres sur une distance d'environ quatre kilomètres, le long d'un ruisseau qui se déverse dans l'anse elle-même. Le paysage adjacent se caractérise par de riches paysages ruraux liés à la présence de la zone agricole de l’arrondissement de Pierrefonds–Senneville et par d’importants espaces naturels de très grande valeur écologique : la rivière à l’Orme, seule rivière de l’Île bordée par des plaines inondables; des milieux humides; des bois d’intérêt, notamment le bois Angell. Bien que gisant sur des dépôts de calcaire, le territoire boisé n'a pas été défriché à cause de la présence de dépôts morainiques laissés lors de la dernière glaciation; laissant sur son passage une trop grande quantité de pierres et blocs erratiques pour rendre l'agriculture possible.

Aujourd'hui, on y trouve une forêt diversifiée sans trace apparente de coupe récente. Des espèces rares d'arbres telles que l'érable noir (Acer nigrum) et le Micocoulier occidental (Celtis occidentalis) ont été identifiées, de même que plusieurs espèces arbustives et herbacées variées. Du côté des amphibiens, notre expert a déniché plusieurs individus : salamandre cendrée, rainette crucifère, crapaud amériain, grenouille des bois et grenouille léopard. Après la visite du boisé, nous nous sommes dirigés vers la plaine de débordement du lac des Deux-Montagnes, là où les espèces présentes doivent nécessairement être tolérantes à l'inondation saisonnière.


La plaine de débordement

En plus d'avoir vu les espèces principales du boisé et de la plaine de débordement, nous avons discuté des gradients écologiques responsables de la diversité des écosystèmes observés, des problèmes de conservation, des menaces, des solutions, d’espèces indicatrices, de plantes à valeur médicinale, des substances chimiques des plantes, d’espèces introduites, etc. Une excursion des plus enrichissantes! Liste de plus de 200 espèces présentes 


a) Actea pachypoda b) Actea rubra c) Grenouille léopard d) Rainette crucifère



14 septembre 2009

International Symposium on Soil Organic Matter (SOM) Dynamics: Land Use, Management and Global Change
Texte et photos Jérôme Laganière


Paysage montrant le climat semi-
aride typique de Colorado Springs

C’est du 6 au 9 juillet 2009 qu’avait lieu l’épanouissement biannuel de la recherche internationale sur la matière organique du sol ! Le congrès avait lieu au luxueux complexe Cheyenne Mountain Resort à Colorado Springs, aux pieds des Rockies du Colorado et de la base militaire sous-terraine du North American Aerospace Defense Command (NORAD). Malgré la multitude d’activité offerte par l’hôtel (golf, baignade, kayak, planche à voile, tennis, pêche, volleyball, gastronomie, etc.) qui auraient pu détourner l’attention des quelques 250 chercheuses et chercheurs venues des quatre coins de la planète, la science a pris le dessus et nous avons pu assister à des présentations fortes intéressantes et très inspirantes!


Vue de ma chambre au Cheyenne Mountain Resort où avait lieu le congrès

Les présentations (orales et affiches) étaient regroupées en plusieurs sessions. Les thèmes de chaque session concernaient notamment les changements climatiques, la fertilisation azotée, les biocarburants, les nouvelles méthodes d’analyses de sol, la modélisation et bien plus. Pour ma part, j’ai présenté une affiche intitulé Do tree species affect C distribution in soil physical fractions in the Canadian boreal forest?  dans la session SOM: Global and Regional Perspectives. Chaque session débutait par une présentation étendue d’une chercheuse ou d’un chercheur de renom pour mettre à jour l’état des connaissances sur le sujet. J’ai beaucoup apprécié cette formule !

Une des sessions qui a captivée plus particulièrement l’auditoire et dont je voulais parler plus en détails était celle intitulée Climate and SOM dynamics où l’on a traité de la sensibilité de la décomposition à la température (souvent évalué par le Q10, c.-à-d. le changement dans le taux de décomposition avec une augmentation de 10oC). C’est un sujet très « chaud » en ce moment car selon la cinétique chimique, le réchauffement du climat devrait accélérer les pertes de C du sol par décomposition (respiration microbienne). Ce qui est d’autant plus inquiétant, c’est que le sol est un énorme réservoir de C : il y a plus de C dans le sol que de C dans la biomasse et l’atmosphère combiné !


Préparation de microcosmes qui seront incubés à
différentes températures dans le but de tester
leur sensibilité à la température dans le laboratoire
des sols du SCF-CFL

D’après les conférenciers (Eric Davidson, Rich Conant, Roel Merckx, Miko Kirschbaum et plusieurs autres), la relation entre la décomposition et la température n’est toujours pas claire. D’une part, parce que le sol est une matrice complexe très difficile à étudier et, d’autre part, parce que la température seule ne peut expliquer la sensibilité de la décomposition à la température. D’autres facteurs se combinent à la température pour façonner la réponse de la décomposition à l’augmentation de la température (p.ex. l’humidité du sol, la disponibilité du substrat, divers mécanismes de protection de la matière organique, etc.). Ces facteurs viennent interférer dans la réponse thermique et expliqueraient les résultats contradictoires observés au labo et au terrain, c.-à-d. pas de sensibilité, une sensibilité positive ou même négative. Malgré l’absence d’une tendance claire et universelle, il y a consensus sur certains points :

  • La sensibilité de la décomposition à la température augmente avec la récalcitrance et avec l’âge de matière organique (la matière organique labile est moins sensible) ;
  • La sensibilité de la décomposition à la température est plus élevée à de faibles températures du sol (zone climatique froide) ;
  • Il y a un plafonnement de l’augmentation de la décomposition avec la température après un certain temps (acclimatation). Toutefois, on ne sait toujours pas si c’est dû à une réduction de la disponibilité du substrat ou à un changement dans les communautés microbiennes (ce qui n’écarte pas l’idée que l’augmentation de la décomposition pourrait être de courte durée suivant un réchauffement du climat…) ;
  • Il y a un problème fondamental avec la valeur de Q10 utilisé dans les modèles de changements climatiques. Ces modèles utilisent des Q10=2 (le taux de décomposition double avec 10oC d’augmentation) qui ne varient pas selon les différents compartiments ou pools de C (compartiments labiles vs stables).

Je tiens à remercier le CEF et la Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable pour leur aide financière qui m’a permis de présenter mes résultats de recherche à ce congrès !


Écosystème alpin à près de 4000 m d’altitude au cours d’une randonnée dans les Rockies du Colorado :
a) l’ascension du Flat Top Mountain, b) vue sur les montagnes et la marmotte et c) végétation alpine



13 août 2009

Bienvenue au nouveau chercheur visiteur du CEF!
Texte et photos Mélanie Desrochers et Holger Lange
English follows

Le CEF est fier d'accueillir Holger Lange, chercheur en modélisation des écosystèmes. Détenteur d'un Ph.D. en physique théorique et d'un baccalauréat en géosciences, il est présentement chercheur senior à l'Institut norvégien des forêts et du paysage  à Ås (Norvège) où il dirige le groupe en Écologie forestière. De plus, Holger est professeur en modélisation écologique à l'Université de Bayreuth (Allemagne). Jusqu'à juin 2010, il est chercheur invité au CEF et au département de géographie de l'Université de Montréal (bien que son bureau soit situé à l'UQAM), sous l'invitation de Lael Parrott, membre du CEF.

Ses intérêts de recherche englobent surtout l'analyse de données environnementales. Ses domaines de recherches actuels sont:

  • Modélisation et analyse de séries temporelles environnementales
  • Identification de structures à long terme (ex. données hydrologiques)
  • Dynamiques non-linéaires, analyse d'échelles et de complexités
  • Méthodes avancées de statistiques multivariées
  • Télédétection
  • Statistiques des valeurs extrêmes
  • Modélisation de la croissance des arbres
  • Dynamique des populations d'insectes forestiers nuisibles
  • Théorie des écosystèmes

Nous invitons tous les membres du CEF à contacter Holger pour profiter de son grand bagage de connaissances (ou pour pratiquer votre allemand et/ou votre norvégien!). De plus, nous souhaitons la bienvenue à Montréal à Holger, son épouse et ses 4 enfants!

Pour joindre Holger
bureau : SB-2986, UQAM
tel. : 514 987-3000 #3842
courriel : Holger.Lange@skogoglandskap.no | Page web 

Holger Lange works in ecological modelling. He has a Ph.D. in theoretical physics and a “habilitation” degree in geosciences. He is currently a senior researcher at the Norwegian Forest and Landscape Institute  in Ås, Norway, where is head of the Forest Ecology section. He is also professor for ecological model building at the University of Bayreuth, Germany. He will spent the next year (until June, 2010) as a guest researcher at CEF and the Department of Geography at Univ. de Montreal; his host there is Dr. Lael Parrott, member of CEF.

Holger is mostly investigating environmental data analysis. Present research activities and fields of interest include:

  • Modelling and analysis of environmental time series
  • Identification of long term structures, e.g. in hydrological data
  • nonlinear dynamics, scaling, complexity analysis, etc.
  • advanced methods in multivariate statistics
  • remote sensing
  • extreme value statistics
  • forest growth modelling
  • population dynamics of forest pest insects
  • ecosystem theory

All CEF membres shouldn't hesitate to contact Holger to "take advantage" of his presence with us (or to practise your German and/or Norwegian)! We warmly welcome Holger, his wife and 4 kids to Montréal!

Contact info
Office: SB-2986, UQAM
Tel.: 514 987-3000 #3842
Email: Holger.Lange@skogoglandskap.no | | Web page 


4 août 2009

On vient de loin pour arracher des mauvaises herbes au CEF!
Texte et photos Alain Paquette


Plantation mélangée

Au labo de Christian Messier ces dernières semaines les instruments de recherche les plus utilisés ont été la binette, la crème solaire, et les bouteilles d’eau! Des illuminés qu’on ne nommera pas ont eu l’idée d’installer un test de biodiversité à l’aide d’arbres dans un champ du campus Macdonald de l’Université McGill à Sainte-Anne-de-Bellevue. On y fait varier le nombre d’espèces (19 en tout) mais surtout la diversité fonctionnelle et phylogénétique à l’intérieur de placettes expérimentales.

Une partie du dispositif expérimental. À l’avant-plan,
un mélange de faible diversité fonctionnelle composé
de deux espèces d’épinettes.

Au total, c’est pas loin de 15 000 arbres qui ont été plantés ce printemps, sur environ 0,75 hectares. Mais depuis, un combat sans merci contre les mauvaises herbes est engagé. Dans le coin gauche, des plantes parmi les pires mauvaises herbes recensées au Québec. Des exemples? Le souchet comestible (Cyperus esculentus), une Cyperaceae infatigable se reproduisant par graine ET par tubercule, et l’abutilon (Abutilon theophrasti) une Malvacée exotique nouvellement arrivée (il fallait qu’on l’ait bien-sûr) qui peut pousser d’un mètre en une semaine!


Joyeux mélange de l’abutilon à gauche et de souchet
et de chiendent à droite

Dans le coin droit, une armée d’infatigables troufions de la binette venus de partout pour servir sous commandement allemand. Conny Garbe dirige en effet les opérations, et la débroussailleuse, de main de maître. Les étudiants et aides de terrain du labo, venus d’aussi loin que le Sénégal, y font leur service militaire obligatoire.


Elhadji Malick Diallo, Sénégalais,
poursuit une maîtrise en sciences de
l’environnement à l’UQAM et nous donne
un coup de main très apprécié cet été.

Malgré la pluie et les températures fraîches de l’été (permettant la germination de graines encore cette semaine!), nous sommes en voie de gagner la bataille. Si les arbres continuent de pousser aussi bien, ils remporteront la guerre en barrant la route aux mauvaises herbes au courant de 2010. Mais seulement si les chevreuils ne les mangent pas avant! Ouf, on vient de terminer l’installation d’une clôture de 2,5m tout autour de la plantation juste à temps!

Bravo à Conny et toute son équipe pour le travail accompli. Une grande fierté pour le labo!


Toute l'équipe au travail: Conny Garbe, Jean-Bastien Lambart, Malick Diallo, Maryline Robidoux,
Érianne Labbé Faille, Jean-Gabriel Soulières Jasmin, et Ziggy! Plusieurs autres membres du labo ont aussi participé aux efforts



























28 juillet 2009

En Suède pour un cours sur le fonctionnement des écosystèmes forestiers boréaux
Texte et photos Benoit Lafleur

Du 6 au 12 juin dernier, j’ai eu la chance de participer en compagnie de Josh Jacobs à un cours sur le fonctionnement des écosystèmes forestiers boréaux offert par la Swedish University of Agricultural Sciences. Le principal objectif du cours était de faire une revue exhaustive de divers aspects des écosystèmes boréaux, entre autres, l’écologie des tourbières, les effets des herbivores sur les écosystèmes forestiers, le rôle des perturbations naturelles et anthropiques, le cycle des nutriments, les relations plantes/sols, les relations symbiotiques entre les plantes et les mycorhizes… Le cours a consisté en une combinaison de présentations offertes en classe et sur le terrain. Parmi les professeurs invités à faire une présentation, notons, entre autres, David Wardle, Marie-Charlotte Nilsson, Michael Gundale et Mats Nilsson (Swedish University of Agricultural Sciences), Richard Bardgett (Lancaster University) et Heikki Setälä (Université d’Helsinki).


Marie-Charlotte Nilsson et Michale Gundale parlent d’un
brûlage dirigé effectué il y a quelques années dans un
peuplement de pin sylvestre

Le cours a débuté avec une discussion sur l’écologie des tourbières et la visite d’un bog. Par la suite, nous avons eu la chance de visiter un peuplement de pin sylvestre soumis à brûlage dirigé il y a quelques années. Durant les jours suivant, nous avons eu droit à plusieurs autres visites de terrain afin de faciliter les discussions. Par exemple, une des visites de terrain nous a permis de discuter du rôle important que jouent les éricacées dans la composition des écosystèmes forestiers boréaux.


Heikki Setälä nous parle des interactions
entre les fourmis et les autres organismes
du sol en forêt boréale

Une autre visite, portant sur les interactions plantes-herbivores, a mené à une discussion très intéressante sur les interactions entre les fourmis et les autres organismes du sol, entre autres, les vers de terres. Cette discussion s’est déroulée autour d’un gigantesque nid de fourmis construit par l’espèce Formica aquilonia. Ces gigantesques nids, pouvant abriter plusieurs centaines de milliers d’individus, font plus d’un mètre et demi de hauteur.


Une partie du système insulaire étudié par David Wardle

Enfin, une des visites nous a mené au sommet du mont Akkelis afin d’assister à une présentation de David Wardle sur les études qu’il mène dans un système insulaire. Ses études portent, entre autres, sur les effets des feux et de la taille des îles sur diverses propriétés des écosystèmes, entre autres, sur le cycle des nutriments et la succession végétale.

Bien que ce fut une semaine très chargée et parfois épuisante mentalement, ce cours fut très instructif. Il s’agit à mon avis d’un cours important pour quiconque travaille en forêt boréale et souhaite acquérir ou raffiner ses connaissances sur le fonctionnement des écosystèmes boréaux. Le cours est ouvert aux étudiants étrangers et est offert à tous les deux ans. Prochain rendez-vous en 2011. À qui la chance?

Benoit Lafleur

Ce stage a été réalisé grâce à la participation financière du CEF par son programme de bourses de congrès et de stages


22 juillet 2009

Exploration du lac Duparquet
Texte et photos Mélanie Desrochers


Forêt d'enseignement et de recherche du lac Duparquet

Lors d'une récente visite à la Station de la Forêt d'enseignement et de recherche du lac Duparquet  à Duparquet en Abitibi-Témiscamingue, j'ai pu rencontrer les différentes équipes d'étudiants aux cycles supérieurs membres du CEF ainsi que leurs précieux aides de terrain. Malgré un achalandage moins important cet été en termes de nombre de résidents (plusieurs sont en fait non loin à Rapide-Danseur comme les étudiants du labo Drapeau ou au fameux presbytère de Villebois), la Station est toujours aussi agréable à visiter. Pour Danielle Charron, assistante de recherche qui a passé les 20 derniers étés dans la forêt abitibienne, l'été 2009 est tout en qualité au lieu d'en quantité!


Au bout du sentier
Faune en vue!
Cette année, un nouveau sentier pédestre a été créé. Long d'environ 4 km et débutant dans le stationnement de la Station, le sentier du Balbuzard longe la rive nord-est du lac Hébécourt pour faire demi-tour après avoir visité une petite péninsule rocheuse. Le long du tracé, il est possible de voir de nombreux sillons creusés par les castors (nous avons même eu la chance d'en voir deux à l'œuvre), ainsi que la structure mise en place par Raynald Julien pour accueillir un nid de balbuzard (ou aigle-pêcheur).

La taille impressionnante des arbres
auxquels s'attaquent les castors

Raynald Julien en action
(crédit photo: CM Bouchard)

D'ailleurs, un excellent article  résume l'exploit de monter à plus de 30m du sol, une structure de 1m2 sur le faîte d'une épinette! Bonne nouvelle, le couple de balbuzard a adopté la structure puisqu'un nid s'y trouve depuis le 1er mai 2009 et contient maintenant des progénitures.


Des semis de sapin
Sur les traces de son directeur
Une des équipes de recherche présente à la Station cette année s'intéresse à la dynamique forestière en forêt boréale mixte. En effet, Albanie Leduc, candidate à la maîtrise avec Yves Bergeron et Alain Leduc tente d'établir la dynamique des peuplements étudiés par son propre directeur il y a de ça 20 ans (dont les résultats ont été publiés dans Ecology). Plus précisément, ce projet vise à étudier la dynamique forestière à partir de données récoltées dans le cadre d’un suivi des arbres à l’intérieur de 624 placettes disposées dans les peuplements issus de différents feux depuis près de 230 ans. Les données obtenues de ces placettes seront analysées dans l’optique de mieux comprendre la succession forestière et, par le fait même, de vérifier les prédictions d’une chronoséquence étudiée sur le même territoire.

Mélissa à la prise de note

Il va sans dire qu'un des grands défis est de réussir à retrouver les placettes, avec les notes gribouillées et les traits de crayon sur de vieilles cartes en papier. On est loin des coordonnées prises au GPS! Une fois trouvée, la placette d'origine est passée au peigne fin, soit par le recensement (identification, DHP, etc.) des espèces présentes - des semis aux arbres matures -, du type de sol, etc. Le plus agréable de tout est que la majorité des sites sont accessibles seulement par bateau!

Il est tout de même très intéressant pour Yves Bergeron d'avoir la chance de voir une de ses étudiantes poursuivre ses propres travaux, une vingtaine d'années plus tard. La question qui m'a brûlé les lèvres depuis ma journée avec eux : "L'élève dépassera-t-elle le maître?" - Gros défi! Bonne chance à toute l'équipe qui accompagne Albanie dans son projet!


L'équipe du tonnerre 2009: Mélissa, Albanie
et Jérémie

Les sorties terrain en bateau, le luxe!















14 juillet 2009

Visite terrain des forêts paludifiées du Nord-du-Québec
Texte et photos Mélanie Desrochers et Marie-Ève Sigouin


Le groupe en forêt tremble-épinette

Le 7 juillet dernier, la Chaire en Aménagement forestier durable (AFD) de l'UQAT-UQAM, en collaboration avec le Service canadien des forêts, a organisé une visite-terrain portant sur les enjeux que représentent les forêts entourbées. Les sites visités se situaient dans la région située au nord de Villebois dans le Nord-du-Québec. Les aspects liés au développement, à l’aménagement, à la régénération et à la structure de ces forêts, ainsi qu’à leur importance dans le paysage, ont été traités par des chercheurs spécialisés dans ce domaine, dont plusieurs membres du CEF. Près de 50 participants étaient présents, provenant notamment des secteurs industriel, gouvernemental et académique.


Des participants attentifs!

L’entourbement, communément appelé paludification, est le processus par lequel la matière organique s’accumule avec le temps et mène graduellement un peuplement forestier productif vers un état de faible densité et de faible croissance. On parle alors de paludification successionnelle car celle-ci se produit avec le temps. Dans d’autres cas, la présence de cuvettes dans le sol qui sont remplies d’eau engendre un phénomène similaire, mais on parle alors de paludification édaphique qui elle, est liée à la topographie et non au passage du temps. Certaines sphaignes sont les principales responsables de ce phénomène. Dans le premier cas, on peut potentiellement remédier à la situation en effectuant des interventions sylvicoles permettant de « ramener » le peuplement à un stade moins avancé de la succession.


Forêt paludifiée près de Villebois

Lors de l'introduction sur les grands enjeux, Yves Bergeron a rappelé que dans les forêts de cette région, l'âge moyen des forêts fermées est de 140 ans, soit près de 50 ans supérieur à l'âge de récolte recommandé par le MRNF (qui place ici à 90 ans l'âge d'une forêt mature). Ainsi, une modification du paysage découle de l'aménagement forestier, ayant pour effet de "rajeunir" les peuplements forestiers.


Guillaume Sainte-Marie

Le premier site visité présentait une forêt âgée d'épinettes noires et de trembles. Quelques étudiants chercheurs de la Chaire AFD et membres du CEF ont présenté leurs résultats de recherche. Guillaume Sainte-Marie, étudiant à la maîtrise et Xavier Cavard, étudiant au doctorat, ont informé les participants que la présence d'une certaine quantité de tremble (environ 20 à 40 % de la surface terrière) favorise une plus grande productivité sans affecter négativement l'épinette, tout en augmentant les chances de limiter l'entourbement. Cette conclusion devrait inciter les ingénieurs forestiers à ne plus s'inquiéter de la présence de trembles dans un peuplement productif.


Mathieu Paquette

De son côté, Mathieu Paquette, étudiant à la maîtrise, a présenté ses conclusions relatives au combustible au sol. Selon ses travaux, ce n'est pas l'âge du feu qui rend les forêts susceptibles au feu mais plutôt leur composition. Finalement, David Paré, membre associé, a présenté les résultats de recherche de Jérôme Laganière sur le bilan de carbone dans une forêt tremble-épinette. Les résultats semblent indiquer que la présence de tremble se traduit non pas par beaucoup de carbone dans le sol, mais plutôt dans les troncs et les feuilles. De plus, le carbone présent en tremblaie semble plus stable.


Nicole Fenton et Hervé Bescond

Le deuxième arrêt s'est déroulé dans une vieille forêt d'environ 600 ans. Nicole Fenton, chercheure post-doctorale, a rappelé à quel point les vieilles forêts sont des réservoirs de biodiversité, notamment par la grande abondance de bryophytes présentes. Hervé Bescond, étudiant au doctorat, a résumé le Réseau de coupes partielles dont les différents traitements visent à recréer les attributs des forêts d'âge intermédiaire (120-200 ans), ainsi que la biodiversité associée, tout en sortant du bois. De son côté, Ingrid Cea, étudiante à la maîtrise, a informé l'auditoire des coûts associés aux opérations de coupes partielles, évalués selon une approche de géomatique.


Pierre Bernier du SCF

Lors du troisième arrêt se situait dans une forêt entourbée suite au passage d'un feu peu sévère. Pierre Bernier, membre associé au CEF, a su bien expliquer comment l'abondance de tourbe affecte la croissance des épinettes. En fait, si l'épaisseur de la couche organique (tourbe) dépasse 30 cm, les racines de l'épinette ne sont plus ancrées dans le sol minéral mais bien dans la couche organique, ce qui a pour effet de diminuer considérablement la productivité (croissance) de l'épinette.


Louisa Papatie de Kitsisakik

De son côté, David Paré, membre associé au CEF, a décrit comment la paludification (entourbement ou watering up) est typique des sites pluvieux, frais, humides avec mauvais drainage. La sphaigne se décompose peu et s'accumule ainsi dans ces milieux humides. Ensuite, André Beaubien du SCF et Ahmed Laamrani, étudiant au doctorat, ont présenté les outils de géomatique et de télédétection en développement permettant de déterminer l’épaisseur de la matière organique à l’échelle régionale.


Sébastien Renard

À la fin de la journée, les participants ont visité (sous la pluie!) un site qui a subi une coupe totale d'hiver en 1990. Sébatien Renard, étudiant à la maîtrise a présenté les résultats de son étude rétrospective sur le brûlage dirigé en Ontario. Le brûlage est une des préparations de terrain potentielles pour traiter certains sites entourbés.

En conclusion, Alain Leduc, membre du CEF, a présenté les mécanismes impliqués dans la stagnation de la croissance de l'épinette noire après traitements sylvicoles. Finalement, Yves Bergeron a réitéré l'importance d'adapter les traitements sylvicoles sur les sites sensibles à l'entourbement, et ce afin d'assurer une pérennité de la ressource forestière pour l'industrie de la région.

Félicitations aux organisatrices de la Chaire AFD pour une journée très intéressante qui a permis de cerner les nombreux enjeux touchant la forêt paludifiée sur argile.


9 juillet 2009

Taxonomie et écologie des fourmis de la sapinière à bouleaux blanc de l’Est
Texte et photos Olivier Norvez

Qui n’a jamais était fasciné de près ou de loin par le minuscule monde des fourmis, ne serait-ce qu’après la lecture du livre Les fourmis de Bernard Weber? En effet, les fourmis ne sont pas simplement que de simples bibittes, mais de véritables chefs-d’œuvre de l’Évolution des dernières 120 millions d’années. On les trouve partout sauf en périphéries extrêmes des hémisphères. Si on les regarde de plus près, on peut y observer de l’agriculture (les fourmis champignonnistes), de l’élevage de pucerons, de l’esclavage… et surtout une organisation qui à première vue semble être archaïque, et même chaotique et qui pourtant est d’une efficacité irréprochable, on parle même de super-organisme! Bien que très éloignées de l’espèce humaine d’un point de vue évolutif, les fourmis semblent être des reproductions en miniature de la société humaine (ou plutôt le contraire!?).


Le professeur Francoeur

Ainsi, au cours du printemps 2009, j’ai eu la chance d’effectuer un stage dans le laboratoire du professeur émérite André Francoeur, myrmécologue (spécialiste des fourmis) de grande renommée, au Centre de Données sur la Biodiversité du Québec, à Chicoutimi (Québec). En effet, afin de répondre au mieux aux besoins de ma Maîtrise, il fallait me perfectionner dans l’identification, mais aussi dans l’écologie des fourmis de la forêt boréale de l’Est du Québec.

Le Pr. Francoeur, est la personne ressource idéale pour ce stage, non seulement il est l’une des rares personnes au Québec et au Canada, à pouvoir identifier correctement les différentes espèces de fourmis, mais c’est aussi un formidable écologiste qui s’appuie sur plus de 30 ans de terrain et de laboratoire à essayer de percer les mystères des fourmis du Canada. Faire l’apologie de cette personne n’est pas consensuel, mais plutôt le constat réaliste d’un scientifique qui consacre sa vie (à la retraite !) à l’approfondissement des connaissances sur le taxon des Formicidae (famille des fourmis) et à sa diffusion auprès du grand public (il est d’ailleurs en train de finaliser un livre sur l’identification des fourmis du Québec).

Mon travail, durant ce stage d’une semaine consistait à identifier dans un premier temps (avec l’aide du Pr Francoeur) mes différents spécimens capturés lors de mon échantillonnage à l’aide de pièges fosses durant l’été 2008.


Schéma d'un piège fosse
Puis dans un deuxième temps à approfondir mes connaissances sur leur écologie et leurs différentes interactions avec leur milieu via les innombrables discutions avec le professeur Francoeur. Et enfin durant mes heures perdues, il était fascinant de regarder la collection de A. Francoeur, cette dernière contenant plus de 300 000 spécimens!!!

Pour identifier les espèces, on se base sur des critères morphologiques relativement pointilleux : forme générale, nombre de poils, structure de la cuticule…



Ce stage a été réalisé grâce à la participation financière du CEF par son programme de bourses de congrès et de stages


2 juillet 2009

Summer Tree-Ring Studies à l'University of Arizona (18 mai - 5 juin 2009)
Texte et photos Giancarlo Marino


U of Arizona Campus

Bon c’est parti! Le 17 mai j’embarque sur l’avion avec destination Tucson, AZ, USA. Le but de mon cours est d'apprendre à utiliser les cernes de croissances des arbres pour étudier les fluctuations annuelles du climat. Un voyage qui peut nous amener jusqu’à 8000 années dans le passé. Il s’agit du merveilleux monde de la Dendroclimatologie. Le meilleur endroit au monde pour suivre ce genre d’études? Le Laboratory of Tree-Ring Research (LTRR), le berceau de la Dendrochronologie, à University of Arizona.


Le groupe d'étudiants

Le premier jour je compte une vingtaine d’étudiant qui après une semaine de notions introductives communes se répartiront entre les partisans de la Dendroarchéologie et ceux de la Dendroclimatologie. C’est ce dernier groupe, à caractère fort international, celui qui referme le plus grand nombre de prosélytes : 5 Américains, 2 Italiens (dont moi), 1 Chinoise, 1 Russe, 1 Polonais, et 1 Trinidadienne.


LTRR

Au deuxième jour c’est déjà le temps de sortir sur le terrain, dans le but d’aller carotter les arbres et rapporter au labo les échantillons nécessaires au démarrage des analyses dendrochronologiques. Nous allons sur les Santa Catalina Mountains, lesquelles ont reçu ce nom par le prêtre jésuite italien Eusebio Francisco Kino en l'honneur de Sainte Catherine en 1697. Ici se trouve la Santa Catalina National Forest, réserve forestière couvrant 155 520 hectares. Aux pieds des montagnes le paysage est dominé par cactus de toutes formes et dimensions. Au fur et à mesure que les véhicules de l’université nous amènent en hauteur, ces merveilles épineuses laissent la place aux arbres, surtout les conifères.

Les traces du feu sont présentes partout. Le taux très bas d’humidité de ces régions (autour du 8 % pendant notre séjour) joue en faveur des incendies et il ralentit énormément la décomposition des arbres morts qui peuvent rester debout comme des fantômes pendant plusieurs années, voir des décennies.


Parc national de Saguaro

Les gens du LTRR ont été vraiment aimables: ils nous ont mouvementés la deuxième fin de semaine. Le samedi, Lori Wilson (assistante administrative) nous a amenés, entre autres, au Parc national de Saguaro dans le désert de Chihuahua (juste en sortant de Tucson), lequel s'étend sur 630 000 km². La région est visitée pour sa formidable concentration de cactus. Les plus connus sont les cactus Saguaro (justement), en forme de candélabre et qui peuvent atteindre 15 mètres de hauteur. On trouve aussi des oponces. Le dimanche, notre Cicéron a été le prof. responsable du cours en Dendroclimatologie, l’illustre Malcolm Hughes, lequel a voulu absolument nous payer de sa poche l’entrée au Arizona-Sonora Desert Museum et même le diner en ville en compagnie de sa femme!

Le musée est l'une des attractions les plus visitées de Tucson. Fondée en 1952, il combine les attraits d'un zoo, d'un musée (bien sûr) et d'un jardin botanique. Son objectif est de préserver les plantes et les animaux qui vivent dans le désert de Sonora; cela a l’air de marcher très bien parce que vers la fin de notre visite on a eu la chance de voir des coyotes en liberté relaxer à l’ombre de gros cactus Saguaro.

À la fin des cours les élèves en Dendroclimatologie et en Dendroarcheologie se sont réunis une dernière fois pour les présentations (disponible en pdf)  des travaux respectifs, la consigne des diplômes, la traditionnelle photo et un barbecue chez le prof. de Dendroarchéologie, Ron Towner.

Je remercie le CEF qui avec son programme de bourses m’a permis de vivre cette extraordinaire expérience formative, mon directeur Martin Girardin qui m’a proposé le cours et mon codirecteur Yves Bergeron qui m’a remboursé un partie des frais à ma charge. Grazie a tutti!

Giancarlo MARINO, Étudiant au doctorat en sciences de l’environnement, UQAM


19 juin 2009

Le FQRNT souligne les travaux de Pierre Drapeau sur le bois mort


Pic à dos noir (crédit: Antoine Nappi)

Le dernier Bulletin du FQRNT - Génial -  souligne les travaux des membres du CEF, soit l'équipe de Pierre Drapeau. Voici un extrait de l'article, intitulé LE BOIS MORT, ESSENTIEL AU MAINTIEN DE LA BIODIVERSITÉ DANS NOS FORÊTS:

Lorsqu’un arbre meurt en forêt boréale, il s’ensuit une véritable explosion de vie, depuis les insectes et les oiseaux jusqu’aux mammifères comme l’écureuil ou la martre d’Amérique. Les forêts âgées (plus de 100 ans) ainsi que celles venant de subir des perturbations naturelles telles que le feu ou les épidémies d’insectes apparaissent de plus en plus comme de hauts lieux de production du bois mort et donc de diversité biologique. Pour mieux comprendre la dynamique de cet écosystème, une équipe de chercheurs sous la direction de Pierre Drapeau, spécialiste en écologie animale à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et membre du CEF, s’est intéressée aux changements du couvert forestier en forêt boréale et à ses effets sur la biodiversité des écosystèmes en utilisant les oiseaux et les mammifères comme indicateurs. L’équipe a mené récemment des travaux qui montrent l’importance des différents stades de dégradation du bois mort pour le maintien des habitats et des fonctions écologiques des pics, un groupe d’espèces clé dans ce type de forêt.

En fait, plus d’une soixantaine d’espèces animales dépendent du bois mort pour nicher, s’abriter ou encore se nourrir. « Même s’ils perdent leur intégrité et leurs défenses chimiques, les arbres morts conservent toutefois leurs propriétés nutritives pour les invertébrés et leur rôle fonctionnel pour les vertébrés, explique Pierre Drapeau, qui est aussi directeur adjoint de la Chaire industrielle CRSNG/UQAT/UQAM en aménagement forestier durable. Mais, de toutes les perturbations qui ont cours en forêt boréale, la coupe est sans doute celle qui a le plus transformé, ces dernières décennies, les conditions forestières pour la biodiversité. »


3 juin 2009

Enseignement supérieur – Cinq membres du CEF sont honorés lors de la cérémonie de remise des Prix de la ministre

Trois-Rivières, le 3 juin 2009. – L'adjoint parlementaire à la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, M. Michel Pigeon, a présidé aujourd'hui la cérémonie de remise des Prix de la ministre au nom de la ministre, Mme Michelle Courchesne. Cet événement, qui en est à sa 31e édition, souligne l'excellence du travail d'enseignantes et d'enseignants dans le domaine de la pédagogie collégiale et universitaire. La cérémonie se déroulait cette année dans le cadre du colloque annuel de l'Association québécoise de pédagogie collégiale, qui se tient du 3 au 5 juin à l'Hôtel Delta de Trois-Rivières. Les 37 lauréates et lauréats, qui proviennent du collégial et du premier cycle de l'enseignement universitaire, se partagent vingt et un prix et mentions se divisant en cinq catégories : Volume, Multimédia, Cours de la formation à distance, Notes de cours ou matériel complémentaire d'un cours et Rapport de recherche pédagogique.

M. Yves Bergeron, de l'UQAT et de l'UQAM, MM. Pierre Drapeau, Daniel Kneeshaw et Alain Leduc, de l'Université du Québec à Montréal, et M. Hubert Morin, de l'Université du Québec à Chicoutimi, ont reçu un prix spécial pour leur projet Aménagement écosystémique en forêt boréale. Cet ouvrage expose les fondements de l'aménagement forestier écosystémique et caractérise les grands régimes de perturbation de la forêt boréale et leurs conséquences sur la composition des peuplements.

« Je tiens à féliciter chaleureusement le personnel enseignant qui se consacre avec passion à la pédagogie collégiale et universitaire, a déclaré M. Pigeon. La qualité et l'originalité des travaux soumis démontrent bien sa détermination et son engagement à l'égard de l'amélioration constante des mécanismes de transmission du savoir dans nos collèges et nos universités. »

Rappelons que le concours des Prix de la ministre a été créé au collégial en 1978 et étendu au premier cycle de l'enseignement universitaire en 1997. Les prix décernés visent à rendre hommage aux pédagogues qui créent de nouveaux moyens afin de faciliter les apprentissages de leurs étudiantes et étudiants.

Les noms des lauréates et lauréats, les titres des ouvrages primés, ainsi que divers renseignements relatifs au concours des Prix de la ministre sont disponibles sur le site Internet du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport au www.mels.gouv.qc.ca.

Source : Kim Ledoux Attachée de presse de la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport 418 644-0664


20 mai 2009

Alors, l’Europe... De la diversité des manières de faire la foresterie
Texte et photos Simon Bilodeau Gauthier


L’auteur près de la Bibliothèque Royale à Copenhague

Récemment, le CEF a été dignement représenté au royaume de Hamlet par trois de ses membres (Christian Messier, Nelson Thiffault – celui-ci en tant que conférencier invité, d’ailleurs – et Simon Bilodeau Gauthier) à l’occasion d’un colloque européen en gestion de la végétation, tenu du 5 au 7 mai dans la petite ville de Vejle, au centre-sud du Danemark, et intitulé « Forest Vegetation Management - Towards Environmental Sustainability ». L’auditoire était principalement composé de chercheurs européens, réunis dans le cadre d’un « COST-Action » , un acronyme de « Coopération en Science et Technologie », une initiative de l’Union européenne (UE) ayant pour but de favoriser le réseautage entre chercheurs œuvrant dans des domaines similaires. L’UE subventionne ainsi entre 10 et 15 Actions par période de quatre ans, et chacune reçoit 100 000 € par année pendant ces quatre ans pour organiser des colloques, ateliers ou visites sur le terrain – mais pas pour la recherche comme telle, d’où l’idée du réseautage.


Jardins du roi et château de Rosenberg à Copenhague

Pour la dernière réunion de cette Action-là, l’invitation avait été étendue au Canada, et ainsi, outre les trois Québécois susmentionnés, deux autres Canadiens, l’un d’Ontario et le second d’Alberta, étaient venus présenter leurs travaux de recherche. Le colloque s’est d’ailleurs conclu avec une discussion sur un éventuel nouveau COST-Action – car celui-ci se terminait – afin de poursuivre les collaborations, et il a été sérieusement mentionné que le Canada pourrait en faire partie, malgré qu’il ne soit pas membre de l’UE, en autant que « sa présence soit pertinente et que les bénéfices soient réciproques »... Avis aux intéressés!


Plantations de hêtres européens
sous couvert de peupliers hybrides

Ce colloque comptait environ 55 participants, ce qui en faisait une sympathique réunion où toutes les présentations se déroulaient dans une seule et même salle et où, à la fin, chacun avait pu faire connaissance avec à peu près tout le monde. Dans cette mosaïque de nationalités, de langues et de cultures, les comparaisons – multiples – devenaient souvent un sujet de discussion de prédilection pour casser la glace. Ainsi certains thèmes étaient forcément récurrents, tels le rôle de la langue anglaise en science ou la place du Québec dans le Canada, mais encore davantage les diverses manières de faire de la foresterie.


Exemple de préparation de sol par tillage profond
avec Nelson Thiffault dans la tranchée (Danemark).

Justement, le colloque comprenait aussi une journée de visite sur le terrain, question de délier les jambes des participants entre deux jours de rigoureuses présentations. On a pu alors comprendre que la foresterie danoise remplit aujourd’hui essentiellement des fonctions récréotouristiques et environnementales. Ce petit bout de pays (dont la superficie totale pourrait être incluse 17 fois dans l’étendue de la seule forêt québécoise; N. Thiffault, comm. pers.) a en effet dilapidé sa ressource il y a quelques siècles, passant d’une couverture forestière équivalente à 20 % du territoire en l’an 1600, à seulement 2 % en 1800, tout ça pour construire des navires et faire la guerre à ses voisins! À cette époque, un seul navire de guerre requérait 200 hectares de chênes de 200 ans et ne durait que... 20 ans, donc largement insuffisant pour que la forêt ait repoussée! Les Danois se sont néanmoins retroussés les manches et empoigné leurs pelles pour arriver aujourd’hui à recréer des forêts sur 12 % de leur territoire, afin d’offrir aux citoyens un endroit où aller se promener paisiblement et fuir la fureur de la ville.

L’Allemagne est un autre exemple de pays où le contexte historique et les réalités du paysage et de la démographie influent sur le type de foresterie pratiquée. La semaine précédant le colloque au Danemark – c’est pas tous les jours qu’on traverse l’Atlantique, hein –, l’auteur de ces lignes a eu l’opportunité d’accompagner un groupe d’étudiants en foresterie de l’Université de Freiburg lors d’une excursion dans le sud-ouest du pays et ainsi visiter des forêts et plantations, dont la fameuse Forêt Noire (employer son nom allemand « Schwarzwald » – à prononcer ch-farts-falt – pourrait d’ailleurs aisément mousser votre prestige dans un prochain cocktail mondain). Pragmatiques et efficients, les Allemands réussissent à produire du bois de haute qualité au sein de forêts grandes comme une main (nord-américaine...), en « éduquant » de manière stricte et étudiée certains individus prometteurs via des techniques sylvicoles soignées et parfois centenaires. Résultat ? Leurs forêts n’ont plus grand-chose de primaire ou sauvage, mais certaines conservent tout de même une apparence naturelle, et surtout ne sont jamais totalement rasées (alors qu’au Québec une gestion à l’échelle du paysage et s’inspirant des perturbations naturelles pourrait très bien requérir une coupe totale dans certains types de forêts), assurant ainsi du même coup des services écologiques semblables à ce que les Danois préconisent.


Paysage de la région de la Forêt Noire en Allemagne
(Photo tirée de wikipédia)

Que peut-on tirer de tout ça?... Peut-être simplement que la foresterie se fait à différentes échelles et selon diverses valeurs, dictées parfois par les réalités sociales, économiques et historiques davantage que par les lois de la Nature. Et dans un autre ordre d’idée, les coopérations internationales entre chercheurs sont généralement très bénéfiques pour tous, en plus d’être amusantes et de fournir une excuse assez glamour pour émettre tout plein de GES.

Simon Bilodeau Gauthier tient à remercier le CEF pour l'attribution d'une bourse qui a rendu ce voyage possible.









15 mai 2009

André Plamondon, professeur, pédagogue, chercheur, administrateur et modèle…
Texte par Pierre Bernier et Vincent Roy, photos Martin Seto et Fabienne Mathieu

On nous a demandé d’écrire un court texte résumant la carrière d’André Plamondon. La tâche est à la fois facile et ardue: facile parce qu’il y a beaucoup de choses à dire, mais ardue parce que la variété en rend la synthèse difficile. Comment résumer sa carrière alors ? On peut le faire en quelques mots simples : enthousiasme, énergie sans bornes et engagement absolu dans le milieu de la recherche et de l’enseignement. Et André, c’est aussi le visage universitaire de l’hydrologie forestière au Québec.

André est arrivé à la Faculté de Foresterie et de Géomatique au milieu des années ’70 après avoir complété son doctorat à l’University of British Columbia. Il était membre de cette nouvelle vague de jeunes professeurs ayant complété des études doctorales souvent dans une université de langue anglaise en Amérique du Nord. La notion de financement externe commençait à faire sa place, l’hydrologie forestière était en plein essor et les besoins de connaissances étaient grands. Logé dans les anciens locaux de l’art dentaire au pavillon Vachon, André met rapidement à profit son esprit éminemment pratique en se dotant d’un laboratoire en hydrologie forestière, en y attirant des étudiants, et en s’attaquant à des problèmes intimement liés à des préoccupations réglementaires ou opérationnelles. Ses premiers grands projets de recherche portent sur la problématique de la sédimentation des cours d’eau en relation avec les opérations de récolte, et l’effet des lisières boisées comme mesure de mitigation.


Fabienne Mathieu, MSc. projet d'évaluation de
l'évapotranspiration à la Forêt Montmorency

Fort de la Décennie Internationale de l’Hydrologie, André met sur pied le programme de recherche du bassin expérimental des Eaux Volées, à la forêt Montmorency. Ce programme est un de cinq ou six bassins expérimentaux forestiers à avoir vu le jour au Canada à cette époque, et le seul au Canada à avoir maintenu ses activités et son programme de mesure jusqu’à ce jour. Viendront ensuite une série de projets de recherche touchant les préoccupations et les besoins alors courants : régimes de crue et d’étiage reliés aux coupes, dynamique de la fonte de la neige, régime l’irrigation en pépinière, dimensionnement des ponceaux, aménagement forestier des sites humides boisés, précipitations acides, récupération hydrologique suite aux coupes, pour ne parler que des projets au Québec.

L’international attire aussi André. Très tôt dans sa carrière, il entreprend des travaux de recherche à l’étranger souvent par le biais de supervision d’étudiants gradués étrangers qui auront toujours un accueil favorable dans son laboratoire. Bien qu’il ait réalisé quelques projets en Afrique, c’est surtout en Amérique du Sud et en Amérique Centrale où il concentre ses efforts. Ses projets l’amènent particulièrement au Brésil, au Pérou, en Colombie, en Bolivie et au Honduras dans le très beau parc de Pico Bonito, en plus d’incursions en Haïti, en Jamaïque et à Ste-Lucie. Son implication dans les projets agro-forestiers est particulièrement marquante, et s’étale sur près de 10 ans. André met aussi à profit son expertise internationale en participant à l’évaluation de plusieurs projets pour le compte d’organismes d’aide internationale tels que OXFAM.


André Plamondon au Honduras

André écrit BEAUCOUP tout au long de sa carrière: des dizaines d’articles scientifiques, souvent par le biais de ses étudiants gradués, des articles de vulgarisation, mais surtout des rapports pour contribuer à des études pratiques commandées par les organismes de gestion forestière ou en lien avec ses activités internationales. Ses réalisations comptent plus de 90 rapports, avec plus de 7,000 pages, cartes et annexes parsemant sa carrière, indiquant une philosophie pratique de contribution aux enjeux de l’heure, et une capacité de travail hors du commun. Finalement, à travers toute sa carrière, André s’est engagé intensément dans son milieu universitaire. Professeur très apprécié, André a toujours accueilli les étudiants gradués à bras ouverts, les intégrant dans son équipe, les supportant, appuyant leurs démarches, acceptant leurs limites, et les aidant à atteindre leurs buts d’éducation. Avec les étudiants au 1er cycle, André a été un pédagogue dévoué qui a transmis sa passion pour l’hydrologie forestière. Fort de 35 années d’enseignement, l’écriture de son « Manuel de météorologie et hydrologie forestières appliquées à l'aménagement des bassins versants» est un héritage qui assure une transmission de ses connaissances aux prochaines générations de forestiers. En plus de ses tâches académiques, André n’a pas hésité non plus à relever des défis administratifs avec à son actif un mandat comme Doyen de la Faculté, et un autre comme directeur de l’ancien Centre de Recherche en Biologie Forestière, devenu maintenant une des principales composantes du Centre d’étude de la forêt.

André aura connu une carrière universitaire très pleine, très humaine et très ouverte sur les autres et sur le monde. Une beau parcours qui aura marqué tous ceux et celles qui, comme nous, auront eu le privilège de faire partie du voyage.


14 mai 2009

Les analyses de pistes, rien à voir avec la trappe!
Texte par Sébastien Renard

Analyse de piste et modélisation d’équations structurelles.

Durant la semaine du 4 au 8 mai, Bill Shipley, professeur à l’Université de Sherbrooke et chercheur régulier au CEF, a donné un cours d’introduction aux analyses de pistes et à la modélisation d’équations structurelles. Un groupe de 10 étudiants a assisté à ce cours pour apprendre les secrets de ce type d’analyse, dont 5 étudiants du CEF et 2 étudiantes venues de Grenoble en France. Une grande partie de ce cours fut conceptuelle, car ces méthodes se basent sur les principes de causalité. Et définir la causalité relève presque de la philosophie!

Le principe essentiel est que ces méthodes permettent d’effectuer un contrôle statistique sur nos variables, contrôles qui ne sont pas forcément réalisables à l’aide des méthodes conventionnelles telles le design aléatoire et le contrôle physique.

Les analyses de piste ont été développées par S. Wright qui cherchait un moyen de montrer les relations dans les processus de sélection. Bill Shipley a écrit un livre¹ présentant ces méthodes encore peu utilisées en écologie, basées sur la théorie des graphiques acycliques dirigées. Un graphique acyclique dirigé est un peu comme un schéma conceptuel, où on représente les liens de causalité entre nos variables mesurées. Grâce à la méthode de séparation directionnelle, on peut s’assurer de l’indépendance des énoncés de base (représentant la structure causale de notre modèle) et ainsi tester chacun de ces énoncés, à l’aide de tests s’appliquant aux variables et relations en jeu. Le test combiné de Fisher C (qui obéit à la loi du khi²) nous permet alors de tester la structure causale de notre modèle.

Les analyses de pistes sont un cas particulier des modèles d’analyses structurales. Les deux avantages des modèles d’analyses structurales sont d’abord qu’il existe des logiciels commerciaux développés pour analyser ces modèles (donc pas besoin de tester toutes nos hypothèses une à une à la mitaine), et aussi que l’on peut inclure des variables qui n’ont pas été mesurées que l’on appelle variable latente. Néanmoins, les modèles d’équations structurales sont plus dépendants de règles, telle la multinormalité et la linéarité des relations. De plus des modèles trop complexes peuvent entraîner des complications mathématiques comme la convergence des données lors de l’estimation des paramètres (méthode de maximum de vraisemblance) ou des phénomènes de sous identification des modèles.

L’utilisation de variables latentes est un grand atout en écologie. Beaucoup de variables que l’on ne peut mesurer (faute d’argent ou de temps par exemple) peuvent être évalué à l’aide des variables latentes des modèles d’équations structurales. Cette méthode peut aussi être utilisé a posteriori, dans une logique exploratoire, afin de découvrir des hypothèses de causalité auxquelles nous n’aurions pas pensé, comme nous l’a présenté Gregory Sonnier, un étudiant au doctorat avec M. Shipley. Mais il ne faut pas oublier de vérifier la signification biologique des ces modèles!

Ce cours fut une réussite, créant des discussions animées durant les pauses (heureusement nombreuses, merci M. Shipley!). En même temps revue de principes de bases en statistique, remise en question des statistiques fréquentistes (dont on oublie trop souvent les faiblesses) et découverte d’une nouvelle méthode, M. Shipley à réussi à nous faire passer une belle semaine à Sherbrooke durant un cours intensif de statistiques... qui l’eut cru?

1. Shipley, B. 2002. Cause and Correlation in Biology: A User’s Guide to Path Analysis, Structural Equations and Causal Inference. 2nd Edition. Cambridge University Press: Cambridge UK.


6 mai 2009

Le Colloque du RGDF: Une perspective globale de la gestion durable des forêts
Texte par Marie-Odile Noël

Du 21 au 23 avril dernier, tout de suite après le colloque du CEF et au même endroit, avait lieu la 14e édition du Colloque du RGDF (Réseau de Gestion Durable des Forêts) , aussi connu sous son acronyme anglophone SFMN (Sustainable Forest Management Network). En tant que nouvelle étudiante à la maîtrise depuis janvier, je m’interrogeais sur la pertinence de ma présence à ce colloque. C’est sous les encouragements de Christian Messier, mon directeur de recherche, que j’ai finalement décidé d’élargir mes horizons et d’aller m’immerger dans ce domaine si complexe qu’est l’aménagement forestier durable.

J’insiste sur les termes «si complexe». En effet, forte de mes trois mois de lectures assidues sur l’architecture de la cime des arbres et sur l’interception de la lumière, je pensais avoir une idée de ce que représentait la recherche en écologie forestière. Quelle ne fut pas ma surprise de voir invités à ce colloque des chercheurs en foresterie et des représentants universitaires, bien sûr, mais aussi des économistes, des représentants des peuples autochtones, des gens de l’industrie du bois, un analyste géopolitique, des gens du gouvernement, des spécialistes des changements climatiques ou du leadership … et surtout, de prendre connaissance de certains projets qui ont nécessité la collaboration de plusieurs de ces acteurs qui, finalement, ne défendent pas des intérêts si divergents. La gestion durable de la forêt est décidément un concept global qui nécessite énormément de communication entre les différents pôles impliqués. C’est là l’enseignement le plus important que je retiens de ces trois jours de conférences, de présentations d’affiches et de discussions, et je suis extrêmement fière de faire partie de cette organisation si essentielle qui vise le maintien à long terme des qualités et des attributs de notre forêt.

Le RGDF est un réseau canadien qui s’inscrit au nombre des Réseaux des Centres d’excellence (RCE). Fondé en 1995, il s’est formé autour d’un noyau de chercheurs de plusieurs disciplines dans le but d’étudier les éléments fondamentaux de la gestion durable des forêts et de découvrir de nouvelles solutions à certains des problèmes les plus compliqués touchant la forêt canadienne. Certains des objectifs principaux du Réseau sont l’excellence en recherche, le réseautage et le partenariat, de même que le transfert des connaissances et des technologies. Parmi les orateurs invités au colloque, nous trouvions des gens de partout au pays ou même à l’extérieur de celui-ci, dont Peter Senge, Thomas Homer-Dixon, C.S. (Buzz) Holling, Gwynne Dyer, et Vic Adamowicz qui sont, vous devez le savoir mieux que moi, des acteurs importants dont l’opinion et les idées marquent grandement la foresterie canadienne. Malheureusement, nous en étions cette année à la dernière année d’existence du RGDF, et ce colloque en marquait la fin. Qu’arrivera-t-il de tous ces gens dont les découvertes et les préoccupations gagnent à être mises en commun? J’espère qu’une autre collaboration sera mise en place afin de faciliter les échanges, autant parmi les différents acteurs qu’à travers le pays. Et j’espère qu’il y aura longtemps des colloques de même envergure que celui d’avril dernier afin de rassembler les gens et de sensibiliser d’autres étudiants, comme moi, à la tâche complexe qu’est la gestion durable de nos forêts.


5 mai 2009

Cours d’été du CEF : Les traits fonctionnels des plantes
Réserve naturelle Gault , Mont St-Hilaire
Texte par Samuel Royer-Tardif et photos Sophie Brugerolle

C’est au cœur de la majestueuse forêt du Mont St-Hilaire, dans la réserve naturelle Gault , que, du 26 au 29 avril derniers, une trentaine d’étudiants du CEF et d’ailleurs ont eu la chance de suivre le nouveau cours d’été offert par le CEF portant sur les traits fonctionnels des plantes, organisé et supervisé par Alison Munson (Université Laval).


Éric Garnier

L’occasion a permis de réunir quatre des plus éminents chercheurs dans ce domaine:


Peter Reich
Au menu, une série d’exposés traitant des relations entre les traits des plantes, leur importance dans l’assemblage des communautés végétales et leurs conséquences sur le fonctionnement des écosystèmes a été servie aux jeunes étudiants avides de savoirs. D’autres invités ont également contribué à l’excellente formation des participants soit:

Dans cette ambiance conviviale, les étudiants ont pu échanger lors de discussions palpitantes sur leurs projets de recherche ainsi que des connaissances entre leurs différents domaines d’étude. Ils ont également eu la chance de partager leurs visions de l’écologie avec les différents invités. Grâce à la température clémente plusieurs ont parcouru les sentiers du mont St-Hilaire afin d’atteindre son sommet alors que d’autres en ont profité pour observer la diversité végétale et animale et d’y intégrer les notions fraichement acquises. Dans l’ensemble, cette formation s’est avérée un franc succès ainsi qu’une expérience à répéter. Nous remercions chaleureusement tous ceux qui y ont contribué.

Un petit mot d'Alison
Je pense que je peux parler pour tous les profs du cours Traits en affirmant que nous avons beaucoup apprécié le groupe d’étudiants qui a participé et les nombreuses interactions formelles et moins formelles pendant ce cours intensif (le mot clef). Des étudiants à la MSc jusqu’au postdoc ont été impliqués, et tout le monde a échangé, soit au cours, en sentier, autour du feu (sans brûler plus de forêt, heureusement pour Martin !!) ou soit avec le Frisbee. Merci à tous de leurs contributions, ET merci à Sophie Brugerolle pour la logistique, la coordination et la cohésion sociale.



24 avril 2009

3e Colloque du CEF: des présentations d'une grande qualité!
Texte et photos par Mélanie Desrochers

Les 19 et 20 avril derniers, le CEF organisait sont 3e Colloque annuel au Centre des Congrès du Lac-Leamy, à Gatineau. 125 personnes, membres et non membres du CEF ont participé à l'événement. Suite aux deux journées de présentations, les membres du jury étaient unanimes sur la grande qualité des présentations scientifiques!

Suite à la séance d'affiches où plus de 35 auteurs ont pu échanger sur leurs projets de recherche, une conférence de clôture a été donnée par Vic Adamowicz , titulaire de la Chaire de recherche du Canada en économie environnementale et professeur en économie rurale et forestière de l'Université d'Alberta; il est connu mondialement pour ses travaux en économie et environnement. Le professeur Adamowicz a donné une allocution plus qu'intéressante et d'actualité intitulée : "The Challenge of Biodiversity Conservation in Forests: Can Markets for Ecosystem Services Help?". À en juger par le nombre de questions de l'auditoire, notre conférencier en a su en fasciner plus d'un.

À la fin du Colloque, les prix décernés aux meilleures présentations orales et par affiche ont fait trois heureux:

  • Meilleure présentation orale | vote du jury (ex-aequo)
    • Nicolas Courbin | Université Laval | Connectivité de l'habitat du caribou et de l'orignal en forêt aménagée selon la théorie des graphes
  • Hugo Larouche-Trottier | UQAM | Variations photosynthétiques inter feuille : discrimination et comportement alimentaire chez la livrée des forêts

Ces deux étudiants se méritent un abonnement d'un an à la revue ainsi que l'opportunité d'écrire un article vulgarisé dans Le Couvert Boréal , une bourse de 300$, versée par le CEF ainsi qu’un livre « Aménagement écosystémique en forêt boréale » offert par le CEF.

  • Meilleure présentation par affiche | vote du public
    • Joshua Jacobs | UQAM | Les coupes partielles pour conserver les éléments structuraux et la biodiversité en pessière.

Josh se mérite un membership d'un an à l'Institut forestier du Canada  et au magazine Progrès Forestier , ainsi que la chance d'écrire un article dans le Forestry Chronicle. De plus, une copie du livre « Aménagement écosystémique en forêt boréale » offert par le Centre de Foresterie des Laurentides.

Un autre concours, celui-ci un peu plus extrême a eu lieu sur le terrain de Shuffle Board! Plus de 32 aventuriers ont tenté de remporter le tournoi de dimanche! L'équipe formée de Joshua Jacobs, Tyler Rudolph, Evan Hovington, David Gervais et Benoit Gendreau-Berthiaume s'est mérité les plus grands honneurs!

Notons que la course amicale du CEF, mieux connue sous l'appellation Fun Run a réuni quatre membres actifs et matinaux : Christian Messier, Louis Bernier, André Gagné et Frédérique Saucier.

Pour ceux et celles qui étaient présents:
Afin d'améliorer le produit pour le prochain Colloque annuel, merci de bien vouloir prendre quelques minutes pour répondre au sondage!

Un gros merci à tous nos partenaires financiers :

Photos du Colloque | Programme  | Sondage


2 avril 2009

Le Centre d’étude de la forêt (CEF) invite les médias à une rencontre soulignant la parution récente de Aménagement écosystémique en forêt boréale, A Critique of Silviculture et Setting Conservation Targets for Managed Forest Landscapes, trois ouvrages portant un regard neuf sur la nécessaire complémentarité entre la conservation de la nature et l’aménagement des territoires forestiers. Trois des auteurs, Christian Messier, professeur au Département des sciences biologiques et directeur du CEF, Pierre Drapeau, professeur au Département des sciences biologiques et membre du CEF et Marc-André Villard, professeur à l’Université de Moncton, seront sur place pour répondre aux questions des journalistes. Un cocktail sera servi.

Quand et où?
17 heures | Le jeudi 9 avril 2009
Salle de diffusion (chaufferie) | Cœur des sciences de l’UQAM
Complexe des sciences Pierre-Dansereau | 175, avenue du Président-Kennedy | métro Place-des-Arts

Sous la direction de Sylvie Gauthier, Marie-Andrée Vaillancourt, Alain Leduc, Louis De Grandpré, Hubert Morin, Daniel Kneeshaw, Pierre Drapeau et Yves Bergeron (Presses de l’Université du Québec) : Cet ouvrage propose une définition de l’aménagement forestier basé sur la connaissance des écosystèmes et de leur fonctionnement. Il présente une revue des grands régimes de perturbations qui façonnent la dynamique naturelle de la forêt boréale et des exemples provenant de différentes régions du centre et de l’est du Canada. Plusieurs projets de mise en œuvre de stratégies d’aménagement écosystémique illustrent des enjeux de la foresterie actuelle et les solutions que cette nouvelle approche peut apporter. En somme, la dynamique des écosystèmes forestiers dans son ensemble peut servir de guide à l’aménagement forestier.

Klaus J. Puettmann, David Coates et Christian Messier (Island Press) . Ce livre comble l’écart existant entre la sylviculture et l’écologie qui a longtemps empêché l’adoption de nouvelles idées. Il brise le moule de la pensée académique en reliant les idées nouvelles et les conclusions provenant de l’écologie et des sciences de la complexité au domaine de la sylviculture. Il s’agit d’un ouvrage important et d’une lecture essentielle pour quiconque est impliqué en écologie forestière, en foresterie, en sylviculture ou en aménagement des écosystèmes forestiers.

Sous la direction de Marc-André Villard et Bengt Gunnar Jonsson (Cambridge University Press). Les forêts sont de plus en plus perçues comme étant un refuge pour la diversité génétique, les espèces indigènes, les structures naturelles et les processus écologiques. Toutefois, la foresterie intensive menace leur valeur pour la biodiversité. Les auteurs et collaborateurs présentent des concepts, approches et études de cas illustrant des façons d’intégrer la conservation de la biodiversité dans la planification de l’aménagement forestier. Il présente des exemples provenant de plusieurs régions forestières et divers taxons. À partir de contributions de chercheurs familiers avec l’aménagement forestier et de gestionnaires forestiers travaillant en partenariat avec des chercheurs, ce livre offre des pistes de réflexion et fournit des outils concrets afin de contribuer à façonner les futurs paysages forestiers du monde entier.

Ces livres s’adressent non seulement aux étudiants et chercheurs en écologie ou en foresterie, mais également à un public plus vaste constitué, entre autres, de gestionnaires, praticiens et responsables des politiques publiques en matière de ressources naturelles. Pour information : Luc Lauzon


20 mars 2009

Du 14 au 17 mars dernier, 45 participants venant principalement du Canada, mais aussi des États-Unis, de la Suède, de l'Angleterre, de la Russie et de la France ont participé au "Wildfires in Boreal Ecosystems Conference" à la Station de recherche du Lac Duparquet. Cette conférence, où le CEF était grandement représenté, a réuni les plus éminents chercheurs en écologie des feux en forêt boréale. Les conférenciers invités étaient Daniel Gavin de l'université d'Oregon, Mats Niklasson du Southern Swedish Forest Research Center et Mike Wotton du Service canadien des forêts.

Les présentations étaient divisées en plusieurs volets: un volet se voulait à l'échelle des derniers millénaires (paléo), un autre regroupait l'historique récente des feux (quelques centaines d'années) et un dernier volet englobait le futur (modélisation).

Kit O'Connor a gagné le prix de la meilleure présentation orale, alors que Simon van Bellen, de l'UQAM s'est vu remettre le prix pour la meilleur affiche.

La conférence s'est terminée dans une ambiance festive lors d'une sortie de pêche sur la glace au lac Duparquet. Bravo à tous les organisateurs et bénévoles!


3 février 2009

Symposium International sur la Société et la gestion des ressources
Article et photos par Marie-Christine Adam

Avis aux étudiants dont le sujet de recherche porte sur les aspects sociaux de la gestion des ressources naturelles (comme la foresterie!?!). Cette année, du 5 au 8 juillet, aura lieu à Vienne le 15e Symposium International sur la Société et la gestion des ressources (International symposium on Society and Resource Management (ISSRM)). L’ISSRM est reconnu comme étant l’un des plus grands lieux de rencontre annuel réunissant les chercheurs et chercheuses qui adressent les questions sociales dans les problématiques environnementales et de gestion des ressources naturelles.

Il y a presque un an maintenant, j’ai participé au 14e symposium de l’ISSRM à Burlington, au Vermont. L’interdisciplinarité, mise de l’avant lors du symposium, m’a ouvert à différentes approches en recherche fort intéressantes. Ce symposium avait comme thème ”People and Place: Linking Culture and Nature” et rassemblait 580 participants en écologie, en sciences politiques, en sciences sociales et en économie. La majorité des présentations portaient sur la foresterie. On y retrouvait notamment des présentations sur l’efficacité des méthodes de participation en gestion de la forêt, la notion du sentiment d’appartenance (« sense of place »), les critères et les indicateurs, la foresterie communautaire, les perceptions sociales (autochtones, touristiques, etc.) pour le développement des ressources naturelles. Par ailleurs, les participants au symposium provenaient de plusieurs régions du monde, dont des chercheurs et chercheuses de plusieurs pays étaient présents Taiwan, la Finlande, l’Autriche, et bien sur, le Canada.

Pour ceux et celles qui se font un peu « regarder croche » à cause de leur approche trop sociale lors des conférences en foresterie, voici l’endroit pour faire valoir vos recherches et vous faire sérieusement questionner sur votre méthodologie et vos méthodes de vulgarisation! Le thème de cette année à Vienne est: Meeting old and new world in research, planning and management.

Marie-Christine Adam tient à remercier le CEF pour l'attribution d'une bourse qui a rendu ce voyage possible.


21 janvier 2009

La semaine des sciences forestières, une diversité à découvrir !
Article par Sophie Brugerolle

Du 16 au 18 janvier dernier se tenait le salon de la semaine des sciences forestières sous le thème: la forêt dans tous ces états. Le CEF était là et a pu apprécier la diversité des kiosques.Du CEGEP, des écoles techniques, des kiosques universitaires, les ministères (fédéraux, provinciaux) sans oublier, les compagnies privées et les artisans, tous les acteurs liés au bois et la forêt étaient présents pour témoigner de tous les états de notre forêt.

Sachez que les objectifs du salon sont multiples:

  • L’amélioration des techniques liées à la transformation du bois
  • Revaloriser et reconnaître les métiers de la forêt
  • Promouvoir les utilisations du bois
  • Montrer la situation prévalant aujourd’hui en industrie, et ce, de l’écotourisme aux grandes entreprises en passant par les nouveautés développées en recherche
  • Permettre aux entreprises de se faire connaître
  • Améliorer le réseautage entre professionnels et praticiens du milieu.

Les nombreuses rencontres avec le public ont permis de faire connaître au public le CEF par ses découvertes et de nombreuses personnes se sont montrées intéressées à recevoir notre Infolettre pour s'infomer sur nos recherches et des activités liées à la recherche universitaire. Nous avons eu plusieurs visiteurs des services gouvernementaux qui se sont renseignés afin de développer de nouvelles collaborations. Enfin, notre site web a permis la venue d’étudiants finissants du baccalauréat afin de prendre des renseignements pour commencer des études graduées avec nos chercheurs.

La réussite de ce salon n’aurait pu se faire sans l’aide de nos étudiants gradués venus m’aider durant ces trois journées. Ils ont pu renseigner le public sur leurs propres recherches et témoigner de leurs liens avec le CEF. Un grand merci à eux ! (Patricia Talbot, Jessika Pickford; Kaysandra Waldron; Elie Raherison; François Hébert; Luz Orlanda-Jimenez)

Si vous désirez plus de renseignements sur ce salon et celui à venir, visiter le site de la Semaine des Sciences Forestières .
Au plaisir de vous y voir l’an prochain !

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...Une exposition
virtuelle sur l'arbre!

Microprogramme de 2e cycle en aménagement écosystémique de la forêt 
Cours de l'Université Laval, offert entièrement à distance

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CEF-Référence
La référence vedette !

Simulating Ecological and Evolutionary Systems in C
par Will Wilson, 2000, Cambridge University Press, New York, NY, 301 pages, Amazon 

  • Cet ouvrage présente de nombreux modèles classiques de dynamique de population (logistique, Lotka-Volterra, Lotka-Volterra dans l’espace, reaction-diffusion, etc.). L’avantage de ce livre est que pour chaque modèle le code en langage C est inclus et chaque ligne de code est expliquée en détails. Les changements de dynamique des modèles suivant des changements de paramètres sont aussi explorés. (EF)

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